Hier soir s’est tenu un conseil municipal sans véritables enjeux ; cela a tout de même été l’occasion d’aborder la question de l’incendie de l’usine d’incinération, mais aussi, contre toute attente, de vérifier l’embarras de la majorité municipale sur le CPE.
Le conseil a donc voté fort à propos, à l’unanimité, la prise en charge immédiate des frais de relogement des riverains, compte tenu des délais attendus en la matière. A cette occasion, notre député-maire a abordé fort à propos aussi la question des explications possibles :
- il n’y avait plus d’ordures sur le site
- il faut écarter la possibilité d’un court-circuit car les cheminées étaient hors circuit depuis dix-huit jours.
- reste donc l’hypothèse de l’action d’un récupérateur de matériau qui aurait déclenché l’incendie…
La ville a en tout cas déposé plainte contre X par précaution, ainsi que le groupe TIRU et le SYCTOM.
Puis vient le temps du dérapage (ce temps finit toujours par arriver, c'est d'un prévisible) : « J’ai lu dans un blog [mais lequel donc ?] « la pollution demeure ». Il y en a marre de cette « bande à Bader » qui ne comprend rien et passe son temps à affoler les gens, qui n’ont pas besoin de ça. Il est inadmissible que des gens fassent de la mousse autour de la détresse des gens. C’est de la grenouille politicienne, et [à l’adresse de l’opposition] vous serez jugés pour ça ».
Diantre ! Et apparemment aucune chance de rédemption…
Heureusement, Laurent Pieuchot, conseiller municipal socialiste, a tenté de mettre un peu de rationalité dans le débat autour des interrogations légitimes des riverains et des citoyens d’Issy-les-Moulineaux. Son exposé un peu trop clair et précis semblant déplaire, le maire l’a rapidement stoppé, sous couvert de l’ « incompétence » dont se retrouvent désormais systématiquement accusés les élus d’opposition. Ce n'est pourtant pas eux à qui il a fallu expliquer dans la foulée la différence entre polyester et polystyrène (il est vrai que ces deux mots se ressemblent)…
Il faut quand même relever que la municipalité semble avoir pris la mesure du problème de surveillance du site. C’est bien le moins et c’est tant mieux.
Pour le reste, il faut que M. le maire cesse d’inventer l’existence de dangereux anarchistes qui passeraient leur temps à tenter de faire lever un vent violent de discorde sur notre bonne ville. Il faut aussi que lorsqu’il se promène sur les blogs de l’opposition socialiste M. le maire (ou ses collaborateurs) prenne(ent) le temps de bien lire ce qui y est écrit. Mais je suis un peu naïf : « déformez, déformez, il en restera toujours quelque chose… »
En tout cas, notre édile a maintenant compris qu’il devait compter sur nous (et avec nous) pour soulever des questions légitimes et cruciales que les isséens se posent et contribuer aussi à apporter des réponses (et non pour s’amuser à traumatiser les honnêtes citoyens, surtout si nous aspirons un jour à les représenter !).
Sur le CPE, l’opposition avait présenté un vœu conduisant à demander son abrogation et l’ouverture de négociations pour que la paix sociale, urgente, revienne dans notre pays ; plusieurs municipalités ont déjà voté un tel voeu. Pour faire un petit rappel, notre député s’est abstenu sur la question, alors que François Bayrou (UDF) a voté contre.
Lysiane Alezard (PCF) et Gabrielle Santarelli (PS) ont conjointement présenté ce vœu. Paul Subrini, conseiller général et 1er adjoint a alors pris la parole pour un grand moment de surréalisme enfiévré ; « Vous vous raccrochez aux jeunes pour exister », « le CPE c’est pas le débat, vous présentez ce vœu parce que vous n’avez pas été capable de vous entendre pour présenter un candidat compétent à Arc de Seine » ( ?). Le reste n’étant pas déchiffrable, je ne puis donc ici le retranscrire, j’attendrai le compte-rendu du conseil.
Mais ce bel effort de M. Subrini, dont l’expression fébrile et cahotante interroge quant aux fonctions importantes qu’il exerce, n’était pas nécessaire, le maire demandant dans la foulée très vite à sa majorité si elle souhaitait débattre du sujet ! Sans surprise, la réponse fut NON, l’explication fournie par le député-maire étant que le conseil n’avait pas à débattre d’un sujet à caractère national...
Comment se débarrasser proprement d’un tout petit sujet, après avoir laissé son premier adjoint s’enferrer !
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