A Boulogne-Billancourt, dans les Hauts-de-Seine, les représentants de 4 candidats aux présidentielles, Bové, Buffet, Royal, Voynet ont adressé ce jour un courrier au Préfet des Hauts de Seine afin qu'il prenne toutes les dispositions nécessaires à la mise en œuvre d'un moratoire immédiat sur l'utilisation des machines à voter dans cette commune.
Les 4 signataires appuient leur demande sur les points suivants:
-la non-publicité du code-source de la machine (avec pour conséquence l'impossibilité de vérifier le programme installé);
-l'absence de ticket papier, "témoin" du choix de l'électeur et permettant, si besoin, un recomptage manuel;
-la disparition partielle du contrôle citoyen des opérations de vote.
En démocratie, une telle évolution demande un véritable débat qui n'a pas eu lieu, que ce soit à Boulogne-Billancourt ou au plan national.
L'opacité introduite par cette dématérialisation, avec les risques de fraudes et de pannes inhérents à tout système informatique (et donc la probabilité d'annulation de votes sur des bureaux entiers en cas de contestations), risque d'engendrer un doute qui contribuerait inévitablement, en l'absence de garanties
sérieuses de nature à rassurer l'électeur, à dévaloriser le vote, acte solennel s'il en est.
Les auteurs du courrier ont par ailleurs tenu à préciser n'avoir aucune objection de principe à une dématérialisation des opérations de vote dans l'avenir, dès lors qu'elles répondront à des garanties de transparence équivalente au vote papier pour le citoyen, après un débat national garant de
l'instauration d'une véritable confiance de l'électeur dans un nouveau système.
Enfin, ils ont appelé les Boulonnais à se rendre en masse aux urnes les 22 avril et 6 mai prochains quelles que soient les modalités du vote retenues in fine; récusant ainsi par avance toute accusation d'encouragement à l'abstention qui leur serait faite.
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