Isséane : le "chantier"
A Issy, sur les quais de Seine, la future usine d'incinération ultramoderne Isséane devrait dans un an commencer à traiter les déchets ménagers produits par un million d'habitants de 22 communes de l'Ouest parisien et de plusieurs arrondissements de Paris. Mais pour l'instant cet énorme chantier, qui accueille plus de 750 personnes et une trentaine d'entreprises fait plutôt parler de lui en mal :
- le 1er août un ouvrier de 40 ans s'y est empalé sur une tige métallique, mais a pu être tiré d'affaire ; il y a un an un salarié manoeuvrant une nacelle y décédait après avoir écrasé sa cabine sur un plafond qui le surplombait, et plus récemment un ouvrier s'est blessé en recevant "des débris d'une charge de matériaux mal arrimée à une grue" (le Parisien du 3 août).
- dans son édition du 11 août le journal décrit "un climat tendu sur le chantier" : "certains cadres et ouvriers travaillant sur le site mettent en avant "un gros problème de relations sociales" avec la direction du chantier". Un ouvrier a d'ailleurs déposé une plainte à l'encontre d'un représentant du SYCTOM (Syndicat Intercommunal de Traitement des Ordures Ménagères) pour propos discriminatoires "profondément humiliants". Sa hiérarchie, en la personne de M. Béssède, cadre du BTP, le soutient, tout en évoquant un management "qui terrorise tout le monde".
Si des erreurs humaines sont toujours possibles et peuvent avoir des conséquences dramatiques sur l'un des plus gros chantiers d'Europe, il semble que le SYCTOM a lui aussi une part de responsabilité dans l'atmosphère détestable qui paraît y régner. Il ne faudrait pas que la pression et l'importance des enjeux soient supportés exclusivement ou de façon déplacée, par les salariés, premiers acteurs du chantier et exposés à tous les dangers.
Après les problèmes de sécurisation du site de l'ancienne usine d'incinération TIRU constatés lors de l'incendie inexpliqué à ce jour de l'une de ses cheminées, ces derniers évènements sur le chantier de la future usine ne sont pas valorisants pour le SYCTOM.
Le 26 mars dernier, place Madaule, lors de la destruction de la cheminée incendiée de l'usine TIRU.




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