L'indemnité forfaitaire de conciliation est une somme que l'employeur peut verser au salarié pour mettre fin, à l'amiable, à un litige sur un licenciement porté devant le conseil de prud'hommes. Elle est proposée lors de l'audience de conciliation et permet, si les deux parties l'acceptent, de clore le litige sans aller jusqu'au jugement. Encadrée par le Code du travail, elle présente un régime fiscal et social avantageux. Cet article explique en quoi elle consiste, comment son montant est déterminé et quelles conditions s'appliquent.
Je précise mon rôle : je vulgarise ici ce mécanisme pour vous aider à le comprendre, sans me substituer à un avocat, vers lequel j'oriente, car chaque dossier prud'homal s'apprécie au cas par cas. La rédaction du procès-verbal de conciliation, notamment, mérite l'assistance d'un professionnel. Cet avant-contrat concerne les litiges liés à la contestation d'un licenciement.
Lorsqu'un salarié conteste son licenciement, il saisit le conseil de prud'hommes. La procédure débute, en principe, par une audience devant le bureau de conciliation et d'orientation (BCO), étape préalable au jugement. L'objectif de cette audience est de tenter un accord amiable entre l'employeur et le salarié.
C'est dans ce cadre que peut intervenir l'indemnité forfaitaire de conciliation : l'accord prévoit le versement par l'employeur d'une somme au salarié, en contrepartie de la fin du litige. L'accord proposé peut émaner du salarié, de l'employeur ou du bureau de conciliation lui-même. Concrètement, cela signifie que si les parties s'entendent, un procès-verbal est signé, le litige s'éteint, et on n'ira pas devant le bureau de jugement. À défaut d'accord, l'affaire est renvoyée vers cette seconde étape, où le conseil tranchera le litige.

Un point doit être clarifié, car l'article d'origine se trompait sur le barème et sur sa portée. Le montant de référence est fixé par un barème réglementaire (article D.1235-21 du Code du travail), exprimé en mois de salaire brut et fonction de l'ancienneté du salarié. Ce barème va de 2 mois de salaire (pour une ancienneté inférieure à un an) à 24 mois de salaire (pour une ancienneté d'au moins 30 ans), avec des paliers intermédiaires.
Contrairement à ce qu'indiquait la source, ce barème ne s'impose pas aux parties : il sert de référence, mais l'employeur et le salarié peuvent convenir d'un montant inférieur ou supérieur. Concrètement, cela signifie que le barème encadre surtout l'avantage fiscal et social (voir plus bas) : dans sa limite, l'indemnité bénéficie d'un régime de faveur ; au-delà, la fraction excédentaire est traitée comme une indemnité ordinaire. La source indiquait par ailleurs « 1 mois pour moins d'un an d'ancienneté », ce qui est inexact : le premier palier du barème est de 2 mois.
Oui, et c'est un point important. L'indemnité forfaitaire de conciliation ne remplace pas les autres sommes dues au titre de la rupture du contrat. Elle s'ajoute, le cas échéant, à l'indemnité de licenciement, à l'indemnité compensatrice de préavis, à l'indemnité compensatrice de congés payés, etc.
Concrètement, cela signifie qu'en signant le procès-verbal de conciliation, le salarié renonce à poursuivre le litige et à réclamer d'autres indemnités liées à la contestation du licenciement, mais il conserve les sommes qui lui sont dues par ailleurs au titre de la rupture. C'est une nuance essentielle à mesurer avant d'accepter un accord.

L'un des grands atouts de cette indemnité tient à son traitement fiscal et social favorable, plus avantageux qu'une transaction classique. Dans la limite du barème, elle est en principe exonérée d'impôt sur le revenu, de cotisations de sécurité sociale et de CSG/CRDS.
Cette exonération n'est toutefois pas sans limite : elle joue dans un certain plafond, exprimé en multiples du plafond annuel de la sécurité sociale, et la part de l'indemnité qui dépasse le barème est soumise aux cotisations et contributions de droit commun. Concrètement, cela signifie que l'avantage fiscal et social est réel mais encadré : pour en mesurer la portée exacte dans votre situation (en tenant compte des autres indemnités perçues), il est prudent de se faire conseiller. À noter que ce dispositif présente aussi un intérêt du côté de l'assurance chômage, l'indemnité de conciliation n'étant pas prise en compte dans le calcul du différé d'indemnisation (le délai avant le premier versement des allocations).
Le point de départ est la contestation, par le salarié, de son licenciement devant le conseil de prud'hommes. Ce dispositif concerne avant tout les litiges portant sur le bien-fondé d'un licenciement (par exemple un licenciement contesté comme sans cause réelle et sérieuse). Une autre condition tient à l'accord des deux parties : la conciliation est volontaire, personne ne peut être contraint d'accepter. Si le salarié refuse, l'affaire est jugée, et son refus de concilier ne peut pas être retenu contre lui.
Sur le plan pratique, la démarche suit plusieurs étapes : le salarié rassemble ses pièces (lettre de licenciement, contrat de travail, bulletins de paie), remplit le formulaire de saisine du conseil de prud'hommes et le dépose au greffe ; les parties sont ensuite convoquées devant le bureau de conciliation et d'orientation, où l'éventuel accord est discuté. Concrètement, cela signifie qu'il est utile de préparer son dossier en amont, de calculer son ancienneté, et de se faire assister (par un avocat ou un défenseur syndical). Si un accord est trouvé, le procès-verbal en fixe le montant et met fin au litige ; il a force exécutoire, ce qui sécurise le versement.
L'indemnité forfaitaire de conciliation permet de clore à l'amiable un litige sur un licenciement, devant le bureau de conciliation et d'orientation du conseil de prud'hommes, sans aller jusqu'au jugement. Son montant suit un barème de référence (article D.1235-21 du Code du travail) allant de 2 à 24 mois de salaire selon l'ancienneté, mais ce barème ne s'impose pas aux parties, qui peuvent convenir d'un autre montant. Dans la limite du barème, l'indemnité bénéficie d'une exonération fiscale et sociale (plafonnée). Elle est cumulable avec les autres indemnités de rupture, et la conciliation reste toujours volontaire.
Chaque situation étant particulière, et l'acceptation d'un accord emportant renonciation à poursuivre le litige, il est vivement conseillé de se faire accompagner par un avocat ou un défenseur syndical avant de concilier. Cet article a une vocation purement informative et ne remplace pas un conseil juridique personnalisé.