L'homicide volontaire désigne le fait de donner volontairement la mort à autrui. C'est un crime, jugé par la cour d'assises, et sévèrement puni. Mais le droit pénal distingue plusieurs niveaux de gravité, du meurtre simple à l'assassinat, avec des peines différentes. Cet article présente ces qualifications, les peines encourues et les grands principes applicables, à titre purement informatif.
Je précise mon rôle : je vulgarise ici des règles du Code pénal. Ce sujet étant grave et chaque affaire singulière, seul un avocat peut conseiller utilement une personne concernée, qu'elle soit mise en cause ou partie civile.
Tout dépend de la qualification exacte, car le Code pénal établit une gradation. Il faut distinguer trois niveaux.
Le meurtre (homicide volontaire simple) est défini par l'article 221-1 du Code pénal comme le fait de donner volontairement la mort à autrui. Il est puni de 30 ans de réclusion criminelle. C'est par exemple le cas d'une altercation qui dégénère et entraîne la mort, sans préparation préalable.
L'assassinat est un meurtre commis avec préméditation ou guet-apens (article 221-3). La préméditation, c'est le dessein formé avant l'action de commettre le crime. L'assassinat est puni de la réclusion criminelle à perpétuité.
Le meurtre aggravé (article 221-4) est puni de la réclusion criminelle à perpétuité lorsqu'il est commis dans certaines circonstances tenant notamment à la victime ou au contexte.
Il faut donc corriger une idée fausse fréquente : la perpétuité n'est pas la peine de principe de tout homicide volontaire. Le meurtre simple est puni de 30 ans ; la perpétuité est réservée à l'assassinat et au meurtre aggravé. Dans les cas les plus graves, la cour peut assortir la peine d'une période de sûreté (article 132-23).

L'article 221-4 du Code pénal élève la peine du meurtre à la réclusion criminelle à perpétuité dans plusieurs hypothèses, parmi lesquelles le meurtre commis :
D'autres aggravations existent, comme le meurtre précédé, accompagné ou suivi d'un autre crime, ou destiné à préparer ou faciliter un délit (article 221-2).

C'est un point essentiel, souvent mal présenté, qu'il faut exposer avec rigueur. Certaines situations ne sont pas des « circonstances atténuantes » qui réduiraient la peine : ce sont des causes d'irresponsabilité pénale, qui font que l'infraction n'est pas constituée et que la personne n'est pas condamnée. Le Code pénal en prévoit plusieurs :
Ces causes ne « réduisent » donc pas la peine : lorsqu'elles sont reconnues, elles excluent la responsabilité pénale. Elles obéissent à des conditions précises, appréciées au cas par cas.
Une mise au point nécessaire, car le sujet est sensible : donner volontairement la mort à une personne, même pour abréger ses souffrances, n'est ni une circonstance atténuante ni une cause d'irresponsabilité en droit français. L'euthanasie reste qualifiée de meurtre. Le cadre légal de la fin de vie (refus d'acharnement, soins palliatifs, sédation profonde) relève d'une logique entièrement différente, qui ne consiste jamais à provoquer délibérément la mort.
Depuis le Code pénal de 1994, les « circonstances atténuantes » au sens ancien n'existent plus. La loi fixe une peine maximale, et la cour d'assises individualise la peine en fonction des circonstances de l'infraction et de la personnalité de l'auteur (article 132-1). Plusieurs éléments peuvent ainsi être pris en compte :
La cour dispose d'un large pouvoir d'appréciation pour fixer la peine, dans la limite du maximum légal.
Pour qu'un homicide volontaire soit caractérisé, trois éléments doivent être réunis et prouvés :
La preuve de ces éléments repose sur l'ensemble des investigations (témoignages, expertises médico-légales et balistiques, éléments matériels), recueillies dans le respect du contradictoire, c'est-à-dire soumises à la discussion de la défense comme de l'accusation.
Toute personne mise en cause bénéficie de garanties fondamentales, quelle que soit la gravité des faits reprochés :
En matière criminelle, l'assistance d'un avocat est essentielle pour faire valoir ces droits, qu'il s'agisse de la personne mise en cause ou de la partie civile, du côté des victimes.
L'homicide volontaire se décline en plusieurs qualifications : le meurtre simple (30 ans de réclusion criminelle, article 221-1), l'assassinat avec préméditation (perpétuité, article 221-3) et le meurtre aggravé (perpétuité, article 221-4). Contrairement à une idée reçue, la perpétuité n'est pas la peine de principe : elle est réservée aux formes aggravées. Par ailleurs, des situations comme la légitime défense ou l'abolition du discernement ne sont pas des circonstances atténuantes mais des causes d'irresponsabilité, qui excluent la condamnation. L'euthanasie, elle, reste qualifiée de meurtre.
Ce sujet étant grave et hautement technique, il reste indispensable de consulter un avocat en droit pénal pour toute situation concrète. Cet article a une vocation purement informative et ne remplace pas un conseil personnalisé.