Le bail civil, aussi appelé bail de droit commun ou bail Code civil, est un contrat de location qui n'est pas soumis à la loi du 6 juillet 1989, mais aux articles 1708 et suivants du Code civil. Sa caractéristique principale est sa souplesse : la durée, le loyer et les conditions de reconduction y sont, en principe, librement négociés entre les parties.
Cette flexibilité a toutefois une contrepartie essentielle, trop souvent passée sous silence : le bail civil ne peut pas être utilisé pour louer une résidence principale. Cet article précise ce qu'est ce bail, dans quels cas il s'applique réellement, et les limites à connaître impérativement.
Je précise mon rôle : je vulgarise ici des règles de droit locatif. Pour rédiger ou contester un bail, un professionnel (avocat, notaire, ADIL) reste votre meilleur interlocuteur.
Le bail civil est le contrat de location de droit commun. Le terme « droit commun » signifie qu'il s'applique aux situations qui ne relèvent pas d'un statut particulier (bail d'habitation soumis à la loi de 1989, bail commercial, bail rural, bail professionnel). Il est régi par les dispositions générales du Code civil sur le louage des choses : le contrat est défini à l'article 1709, et le régime s'étend des articles 1708 à 1762.
Sa souplesse découle du fait que la plupart de ces règles sont supplétives : les parties peuvent y déroger par accord. Le propriétaire et le locataire fixent ainsi librement la durée, le loyer, les modalités de reconduction et de congé. Le bail peut même être verbal (article 1714), mais un écrit clair et précis est vivement recommandé pour éviter tout litige.

Le bail civil s'applique à des situations où aucun statut spécial n'impose ses règles. Il concerne notamment :
Pour les locaux commerciaux, professionnels ou agricoles, ce sont en revanche les statuts spécifiques (bail commercial, professionnel ou rural) qui s'appliquent, et non le bail civil.
C'est le point le plus important, et le plus souvent ignoré. La loi du 6 juillet 1989 est d'ordre public : on ne peut pas y déroger par contrat. Dès lors qu'un logement constitue la résidence principale du locataire (celle qu'il occupe au moins huit mois par an), c'est cette loi qui s'applique obligatoirement, et non le bail civil, même si les deux parties ont signé un tel bail.
Concrètement, cela signifie qu'un bail civil conclu pour une résidence principale est juridiquement fragile. Le locataire peut demander au juge sa requalification en bail soumis à la loi de 1989. Il retrouve alors toutes les protections de cette loi (durée minimale, encadrement du loyer en zone tendue, dépôt de garantie limité, motifs de congé encadrés), et peut obtenir le remboursement des sommes indûment perçues. Pour le bailleur, utiliser un bail civil afin de contourner la loi de 1989 est donc un calcul risqué.
Concrètement, ce bail n'est légal pour une habitation que si le logement n'est pas la résidence principale du locataire. Mieux vaut, en pratique, vérifier que le locataire dispose bien d'une résidence principale ailleurs.

Malgré sa souplesse, le bail civil impose des obligations aux deux parties, certaines étant impératives. Le bailleur doit notamment délivrer le bien (remise des clés), en garantir une jouissance paisible, l'entretenir et effectuer les réparations qui lui incombent (articles 1719 et suivants). Ces obligations essentielles ne peuvent être vidées de leur substance par le contrat.
Le locataire, de son côté, doit payer le loyer, user paisiblement du bien, l'entretenir et effectuer les réparations locatives (article 1754), puis le restituer en bon état. Deux précisions utiles : même en bail civil, les diagnostics techniques et énergétiques (dont le DPE) restent exigés ; en revanche, le locataire d'un bail civil ne peut pas bénéficier des aides au logement (APL).
Un bail civil bien rédigé limite les mauvaises surprises. Il est conseillé d'y faire figurer : l'identité des parties, la désignation précise du bien (surface, équipements), sa destination, le montant du loyer et ses modalités de révision, le dépôt de garantie, la durée et les conditions de reconduction et de congé, ainsi que la répartition des obligations.
Il est également d'usage d'y mentionner expressément l'exclusion de la loi du 6 juillet 1989 et le motif qui la justifie (résidence secondaire, locataire personne morale). Étant donné les enjeux, et le risque de requalification, faire appel à un professionnel pour la rédaction est une précaution judicieuse.
Le bail civil est un contrat de location souple, régi par le Code civil (articles 1708 et suivants), où durée, loyer et conditions sont librement négociés. Il convient aux résidences secondaires, aux locations à une société, et aux biens non destinés à l'habitation (parkings, entrepôts). Sa limite est absolue : il ne peut jamais servir pour une résidence principale, car la loi du 6 juillet 1989, d'ordre public, s'impose alors et permet une requalification du bail. Même en bail civil, les diagnostics restent obligatoires.
Chaque situation locative étant particulière, il reste vivement conseillé de consulter un professionnel ou l'ADIL (agence départementale d'information sur le logement) avant de signer. Cet article a une vocation purement informative et ne remplace pas un conseil personnalisé.
Pour aller plus loin : vous pouvez consulter nos articles sur le bail d'habitation soumis à la loi de 1989, le bail mobilité, et les diagnostics immobiliers obligatoires.