Se marier avec un ressortissant français ne rend pas automatiquement français. Le conjoint étranger peut toutefois acquérir la nationalité française à raison du mariage, par une procédure spécifique, à condition de remplir plusieurs critères. Quelles sont ces conditions, quand peut-on faire la demande, et comment se déroule l'entretien ? Cet article fait le point, en intégrant les évolutions récentes.
Je précise mon rôle : je vulgarise ici des règles du Code civil et de la réglementation sur la nationalité, qui évolue. Pour un dossier précis, la préfecture, le consulat ou un avocat spécialisé restent les interlocuteurs de référence.
Une précision de vocabulaire s'impose d'emblée, car on parle souvent à tort de « naturalisation par mariage ». Juridiquement, l'acquisition de la nationalité à raison du mariage se fait par déclaration (article 21-2 du Code civil), et non par naturalisation.
La distinction n'est pas qu'une question de mots :
Cet article traite de la première voie, celle ouverte au conjoint d'un Français.
La déclaration peut être souscrite après un certain délai de mariage, pendant lequel la communauté de vie (affective et matérielle) ne doit pas avoir cessé. Les délais sont les suivants :
Le conjoint doit par ailleurs avoir conservé la nationalité française depuis le mariage jusqu'au dépôt de la déclaration. Si la communauté de vie cesse (séparation, même temporaire) avant l'enregistrement, la demande peut être rejetée.
Outre la durée et la communauté de vie, plusieurs conditions doivent être réunies :
C'est l'évolution la plus importante à signaler, car de nombreux contenus sont encore à jour de l'ancienne règle. Le niveau de langue requis était auparavant le B1. Depuis le décret du 15 juillet 2025, pour les dossiers déposés à compter du 1er janvier 2026, le niveau exigé est désormais le B2 du cadre européen de référence, à l'oral comme à l'écrit. Cette exigence vaut aussi bien pour la déclaration par mariage que pour la naturalisation par décret.
Concrètement, pour une demande déposée aujourd'hui, il faut justifier du niveau B2, par exemple au moyen d'un test reconnu (TCF, TEF) ou d'un diplôme (DELF B2, ou diplôme français suffisant). Si votre dossier complet a été reçu par l'administration avant le 1er janvier 2026, le niveau B1 peut rester applicable : vérifiez la règle en vigueur à la date de votre dépôt auprès de votre préfecture.
La déclaration se souscrit auprès de la préfecture du lieu de résidence (ou du consulat pour les personnes résidant à l'étranger), sur rendez-vous. Le dossier comporte de nombreuses pièces, parmi lesquelles :
Le dossier fait l'objet d'une instruction et d'une enquête, à l'issue desquelles le déclarant est convoqué. Les délais sont généralement longs (souvent de 12 à 24 mois entre le dépôt et l'enregistrement). Point important : même après l'enregistrement, le gouvernement peut s'opposer à l'acquisition, par décret, dans un délai de 2 ans, pour indignité ou défaut d'assimilation (article 21-4 du Code civil).
L'entretien (la souscription de la déclaration) est une étape clé. Le conjoint français doit être présent. Il poursuit plusieurs objectifs :
Il s'agit donc moins d'un examen piège que d'une vérification de la sincérité de l'union et de l'intégration. Une préparation sereine (documents à jour, connaissance de base sur la France et ses institutions) est la meilleure approche.
Le mariage avec un Français ne donne pas la nationalité automatiquement : il faut souscrire une déclaration (article 21-2 du Code civil), distincte de la naturalisation par décret. Les principales conditions sont 4 ans de mariage (5 ans dans certains cas), une communauté de vie ininterrompue, la régularité du mariage et, depuis 2026, le niveau B2 de français. La procédure se fait en préfecture, avec un entretien en présence du conjoint, et le gouvernement conserve un droit d'opposition de 2 ans.
La réglementation sur la nationalité évoluant régulièrement, il reste vivement conseillé de vérifier les conditions en vigueur auprès de votre préfecture ou d'un avocat avant de constituer votre dossier. Cet article a une vocation purement informative et ne remplace pas un conseil personnalisé.