Lorsqu'un couple se sépare, l'organisation du temps de l'enfant relève des articles 373-2 et suivants du Code civil. Le rythme d'un week-end sur deux, complété par la moitié des vacances scolaires, est l'une des modalités les plus répandues. Il correspond à ce que le droit nomme le droit de visite et d'hébergement, le DVH, lorsque l'enfant a sa résidence habituelle chez l'un des parents.
Attention à une confusion très fréquente, que ce sujet entretient souvent : un week-end sur deux n'est pas une « résidence alternée ». Et lorsque les parents vivent loin l'un de l'autre, beaucoup cherchent une « distance maximale » légale qui n'existe pas. Je précise mon rôle : je vulgarise ici le cadre applicable, je ne suis pas avocate et je n'engage aucune responsabilité. Pour fixer ou modifier les modalités concernant votre enfant, le juge aux affaires familiales est seul compétent, assisté le cas échéant de votre avocat.
Première mise au point de vocabulaire, essentielle. Depuis la loi du 4 mars 2002, le terme « garde » n'a plus de valeur juridique : on ne parle plus de « parent gardien » ni de « droit de garde ». Le droit distingue deux situations.
La résidence habituelle chez un parent, assortie d'un droit de visite et d'hébergement pour l'autre, est le cas du « week-end sur deux et moitié des vacances » : l'enfant vit principalement chez un parent et se rend chez l'autre selon le calendrier fixé. La résidence alternée, prévue à l'article 373-2-9 du Code civil, désigne au contraire un partage équilibré du temps de l'enfant entre les deux domiciles, le plus souvent en alternance hebdomadaire. Confondre les deux n'est pas anodin : les conséquences diffèrent, notamment sur la contribution à l'entretien de l'enfant et sur les prestations familiales.
Dans tous les cas, l'autorité parentale reste exercée conjointement par les deux parents (article 372 du Code civil) : les décisions importantes se prennent ensemble, quel que soit le lieu de résidence de l'enfant.

Non, et c'est le point à retenir. Aucun texte ne fixe de distance plafond au-delà de laquelle un week-end sur deux ou une résidence alternée serait interdit. La loi ne raisonne pas en kilomètres, mais en intérêt de l'enfant (article 373-2-6 du Code civil).
La distance est un critère parmi d'autres que le juge aux affaires familiales apprécie. Concrètement, lorsque l'éloignement est important, le juge examine la fatigue et le temps de trajet imposés à l'enfant, son âge, sa scolarité, l'organisation matérielle des allers-retours et la capacité des parents à coopérer. Plus la distance est grande, plus une résidence alternée hebdomadaire devient difficile à mettre en place, ce qui conduit fréquemment à privilégier une résidence habituelle chez un parent avec un DVH élargi (week-ends prolongés, vacances).
À noter : l'article 373-2 du Code civil impose à tout parent qui déménage et dont le changement d'adresse modifie l'exercice de l'autorité parentale d'en informer l'autre parent à l'avance. Un déménagement éloigné ne se décide donc pas unilatéralement sans risque.
Les parents peuvent organiser eux-mêmes la résidence de l'enfant et le DVH, par accord. Cet accord peut être homologué par le juge aux affaires familiales, ce qui lui donne force exécutoire, c'est-à-dire qu'il devient applicable et opposable en cas de non-respect. En l'absence d'accord, c'est le juge qui tranche, toujours au regard de l'intérêt de l'enfant.
Ces modalités ne sont jamais définitivement figées. Si la situation évolue (déménagement, changement professionnel, besoins de l'enfant qui grandit), chaque parent peut saisir le juge aux affaires familiales pour demander une modification. Tant qu'une nouvelle décision n'est pas rendue, la décision en vigueur doit être respectée : ne pas représenter l'enfant à l'autre parent constitue un délit de non-représentation d'enfant (article 227-5 du Code pénal), puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 euros d'amende.

Aucune règle n'impose une répartition type des frais de transport liés au DVH. C'est aux parents de s'entendre, ou au juge de fixer une répartition, souvent en tenant compte des ressources de chacun et des raisons de l'éloignement. En pratique, plusieurs solutions sont retenues, à formaliser dans l'accord ou la décision pour éviter les litiges.
Il est utile de prévoir, par écrit, qui assure ou finance les trajets, le lieu et les horaires d'échange de l'enfant, et le sort des imprévus. Lorsque l'éloignement résulte du déménagement d'un parent, le juge peut tenir compte de l'origine de la distance dans la répartition de la charge. Ces frais de trajet sont par ailleurs distincts de la contribution à l'entretien et à l'éducation de l'enfant (la « pension alimentaire »), qui obéit à ses propres règles.
Un week-end sur deux et la moitié des vacances correspondent à un droit de visite et d'hébergement, dans le cadre d'une résidence habituelle chez un parent, et non à une résidence alternée. Le terme « garde » n'a plus de portée juridique. Aucune distance maximale légale n'existe : tout s'apprécie au regard de l'intérêt de l'enfant, sous le contrôle du juge aux affaires familiales. Les modalités peuvent toujours être révisées, mais doivent être respectées tant qu'elles sont en vigueur. Chaque situation familiale étant particulière, il reste vivement conseillé de consulter un avocat ou de saisir le juge aux affaires familiales avant d'engager toute démarche.