Les caméras espion, ou caméras cachées, sont des dispositifs de surveillance discrets, dissimulés dans des objets du quotidien, souvent dotés du wifi, de la vision nocturne, de la détection de mouvement, voire d'un micro. Leur achat est libre, mais leur usage, lui, est strictement encadré par la loi. Jusqu'où peut-on aller chez soi sans enfreindre le droit à la vie privée ? Et comment savoir si l'on est soi-même filmé à son insu ? Le point.
Je précise mon rôle : je vulgarise ici des règles du Code pénal et de la protection des données. Pour une situation concrète (litige de voisinage, suspicion de surveillance illégale), un avocat ou la CNIL sont les bons interlocuteurs.
Le principe est posé par l'article 226-1 du Code pénal : il est interdit de porter atteinte à l'intimité de la vie privée d'autrui en captant, enregistrant ou transmettant, sans son consentement, l'image ou les paroles d'une personne se trouvant dans un lieu privé. Cette infraction est punie d'un an d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.
Un point souvent oublié doit être ajouté : l'article 226-2 du Code pénal punit des mêmes peines le fait de conserver, de diffuser ou d'utiliser de tels enregistrements obtenus illégalement. Filmer en cachette est donc un délit, et exploiter ensuite les images en est un autre.
La notion de lieu privé est centrale : c'est tout espace qui n'est pas librement accessible sans l'autorisation de celui qui l'occupe (un domicile, mais aussi un lieu de travail non ouvert au public). Filmer une personne à son insu dans un tel lieu est, par principe, interdit.

La réponse mérite d'être nuancée, car « c'est chez moi » ne lève pas toutes les limites. Comme le rappelle la CNIL :
Pour un usage strictement personnel et familial, ce dispositif n'est pas soumis aux formalités de la protection des données. La situation change toutefois dès que l'on emploie du personnel à domicile (femme de ménage, nounou, jardinier) : ces salariés doivent obligatoirement être informés de la présence des caméras. Les filmer à leur insu est illégal, et une caméra ne doit jamais surveiller en continu un employé à son poste.
Certaines pratiques sont sans ambiguïté hors la loi :
À noter sur le plan probatoire : si des images ont été obtenues illégalement, leur utilisation devant un juge reste très encadrée et incertaine. Le fait qu'une preuve « existe » ne rend jamais licite la manière dont elle a été obtenue.

À l'inverse, vous pouvez légitimement vouloir vérifier que votre propre vie privée n'est pas violée, par exemple dans un logement loué ou une chambre d'hôtel. Plusieurs indices et méthodes existent :
Si vous découvrez un tel dispositif vous filmant à votre insu, vous pouvez porter plainte (atteinte à la vie privée) et, selon le contexte, saisir la CNIL.
Acheter une caméra cachée est libre, mais en faire usage pour filmer une personne à son insu dans un lieu privé est un délit (article 226-1 du Code pénal : un an d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende), tout comme conserver ou diffuser ces images (article 226-2). Chez soi, on peut filmer sa propre propriété, mais pas la rue ni le terrain du voisin, et le personnel à domicile doit être informé. Surveiller secrètement un conjoint ou un salarié est illégal.
Chaque situation étant particulière, il reste conseillé de consulter un professionnel ou la CNIL avant d'installer un dispositif de surveillance, ou si vous estimez être filmé illégalement. Cet article a une vocation purement informative.