Une fois le permis de construire obtenu, le bénéficiaire doit l'afficher sur son terrain. Cet affichage est important : il fait courir le délai pendant lequel les tiers (les voisins, par exemple) peuvent contester le permis. Est-il obligatoire, que doit contenir le panneau, et comment prouver la date d'affichage ? Le point.
Je précise mon rôle : je vulgarise ici des règles du Code de l'urbanisme. Pour sécuriser un affichage ou réagir à un recours, un commissaire de justice ou un avocat en droit de l'urbanisme peut vous accompagner.
Oui. Le titulaire d'un permis de construire doit afficher celui-ci sur son terrain, de manière visible de l'extérieur, dès la notification de l'arrêté et pendant toute la durée du chantier (article R424-15 du Code de l'urbanisme). Un affichage est par ailleurs réalisé en mairie (extrait de l'arrêté), mais c'est l'affichage sur le terrain qui est déterminant pour les tiers.
Un point souvent mal compris : l'affichage ne conditionne pas la légalité du permis, mais son opposabilité aux tiers. Concrètement, il déclenche le délai pendant lequel un tiers peut contester le permis. Sans affichage régulier, ce délai ne court pas, et le permis reste contestable plus longtemps.

Le formalisme est fixé par les articles A424-15 et suivants du Code de l'urbanisme. Le panneau doit être rectangulaire, avec des dimensions supérieures à 80 centimètres (contrairement à ce que l'on lit parfois, l'exigence n'est pas « 120 cm de long », même si ce format est courant dans le commerce). Il doit être lisible depuis la voie publique ou un espace ouvert au public, et indiquer notamment :
C'est tout l'enjeu de l'affichage. Deux délais doivent être distingués :
C'est pourquoi un affichage soigné et prouvé est dans l'intérêt même du bénéficiaire : il sécurise le caractère définitif du permis.

La preuve de la date et de la continuité de l'affichage est essentielle en cas de litige. Le moyen le plus fiable est le constat dressé par un commissaire de justice (profession qui a remplacé les huissiers), idéalement en trois temps : au début, au milieu et à la fin du délai de recours de deux mois.
Ce point a été renforcé par la jurisprudence : dans un arrêt de 2025, le Conseil d'État a jugé que les seules photographies prises par le bénéficiaire sont insuffisantes pour établir la date et le caractère continu de l'affichage. Les moyens « informels » (photos personnelles, témoignages de voisins, publications datées) ont donc une valeur probante limitée, et restent moins solides qu'un constat officiel.
Il existe par ailleurs des solutions numériques de constat d'affichage proposées par des prestataires ; leur valeur dépend toutefois des conditions dans lesquelles la preuve est établie, et elles n'offrent pas la même sécurité qu'un constat de commissaire de justice.
Il faut ici corriger une idée répandue mais inexacte. Le défaut d'affichage n'est pas, en lui-même, sanctionné par une amende ni par une « suspension du permis ». Sa véritable conséquence est juridique : faute d'affichage régulier, le délai de recours ne court pas, et le permis demeure contestable plus longtemps (jusqu'à 6 mois après l'achèvement).
L'amende de 15 000 euros parfois évoquée concerne, elle, d'autres infractions du Code de l'urbanisme, comme le fait de construire sans permis ou de manière non conforme à l'autorisation, ce qui est tout autre chose qu'un défaut d'affichage. Quant aux erreurs mineures sur le panneau, elles ne sont pas toujours rédhibitoires ; en revanche, une erreur sur une mention substantielle peut empêcher le délai de recours de courir. Mieux vaut donc corriger toute irrégularité au plus vite.
L'affichage du permis de construire sur le terrain (article R424-15) est obligatoire pendant toute la durée du chantier. Il ne conditionne pas la légalité du permis, mais son opposabilité aux tiers : il fait courir le délai de recours de 2 mois (à compter de 2 mois d'affichage continu, article R600-2). Le panneau doit être rectangulaire, de plus de 80 cm, et comporter les mentions obligatoires. Le constat par commissaire de justice est le moyen de preuve le plus sûr, les simples photos étant jugées insuffisantes par la jurisprudence. Le défaut d'affichage n'entraîne pas d'amende, mais prolonge la période de contestation possible (jusqu'à 6 mois après l'achèvement, article R600-3).
Chaque projet ayant ses particularités, il est conseillé de se rapprocher de la mairie ou d'un professionnel pour sécuriser son affichage. Cet article a une vocation purement informative.