La succession est la transmission du patrimoine d'une personne décédée à ses héritiers. Elle s'ouvre au décès, au dernier domicile du défunt (article 720 du Code civil). Contrairement à une idée répandue, son règlement repose d'abord sur le notaire, l'avocat n'intervenant le plus souvent qu'en cas de conflit entre héritiers.
Quand faut-il un avocat ? Quel est le rôle du notaire, et combien coûtent ces professionnels ? Cet article fait le point sur le déroulement d'une succession et les frais à prévoir.
Je précise mon rôle : je vulgarise ici des règles de droit des successions et de fiscalité. Pour une situation concrète, un notaire ou un avocat reste votre interlocuteur.
Le règlement d'une succession est souvent une étape sensible, parfois source de conflits : mésententes entre héritiers, indivision difficile, contestation de testament. C'est dans ces situations contentieuses que l'avocat trouve toute son utilité, en complément du notaire. Son intervention peut prendre plusieurs formes :
L'avocat n'est donc pas systématiquement nécessaire : pour une succession sans conflit, le notaire suffit généralement.

Le notaire est l'acteur principal du règlement successoral. Son intervention est d'ailleurs obligatoire dans plusieurs cas : présence d'un bien immobilier dans la succession, existence d'un testament ou d'une donation entre époux, ou actif successoral d'un montant significatif.
Officier public, le notaire authentifie les actes et garantit leur conformité à la loi. Concrètement, il établit la dévolution successorale (qui hérite et dans quelle proportion), dresse le bilan du patrimoine (actif et passif), accomplit les formalités (attestation de propriété immobilière, déclaration de succession), conseille les héritiers sur les aspects civils et fiscaux, et organise le partage. Il a également un rôle d'apaisement, en aidant à prévenir les litiges entre héritiers.
Un délai est impératif sur le plan fiscal : la déclaration de succession doit être déposée, et les droits payés, dans les six mois suivant le décès (en France métropolitaine ; douze mois en cas de décès à l'étranger). Tout retard expose à des intérêts (0,20 % par mois) et, le cas échéant, à des majorations.
La durée totale du règlement, en revanche, varie selon la complexité : une succession simple est souvent réglée en six à douze mois, tandis qu'un dossier complexe (recherche d'héritiers, litige, biens nombreux) peut s'étendre sur plusieurs années.

Le règlement, mené par le notaire, suit généralement plusieurs étapes :
La procédure est aménagée dans certaines situations particulières, par exemple en présence d'un héritier mineur ou d'un majeur protégé, qui appelle des garanties supplémentaires.
Il faut bien distinguer les droits de succession (l'impôt versé à l'État) des honoraires des professionnels. Les droits de succession sont calculés sur la part nette reçue par chaque héritier, après application d'un abattement qui dépend du lien de parenté.
En ligne directe (entre parents et enfants), l'abattement est de 100 000 € par parent et par enfant (article 779 du CGI), puis un barème progressif s'applique de 5 % à 45 % selon les tranches (article 777 du CGI). Le conjoint survivant et le partenaire de PACS sont, eux, totalement exonérés. Concrètement, les taux grimpent fortement pour les parents éloignés : 55 % pour les neveux et nièces, jusqu'à 60 % entre personnes sans lien de parenté.
Les frais du notaire en matière de succession sont en partie réglementés. Ils comprennent des émoluments (calculés selon un barème proportionnel à la valeur des biens, fixé par l'État), des frais administratifs et des débours (sommes avancées par le notaire). Le notaire remet une estimation des coûts en début de procédure.
Les honoraires de l'avocat, en revanche, sont libres : ils ne sont fixés par aucun barème officiel, contrairement à ce que l'on lit parfois. Ils sont déterminés de gré à gré avec le client et formalisés dans une convention d'honoraires, obligatoire depuis 2015. Le tarif varie fortement selon la notoriété de l'avocat, la région et la complexité du dossier ; il peut être fixé à l'heure, au forfait, ou comporter un honoraire de résultat. Il est donc conseillé de demander un devis et de comparer.
Avant d'engager des frais, il est possible d'obtenir un premier conseil gratuit pour évaluer ses besoins. Plusieurs dispositifs existent : les points-justice (maisons de justice et du droit, points d'accès au droit), qui proposent des consultations gratuites d'avocats ou de juristes ; l'ordre des avocats du barreau local, qui organise souvent des permanences ; certaines mairies et tribunaux ; et, selon votre contrat, une assurance de protection juridique. Pour les personnes aux ressources modestes, l'aide juridictionnelle peut par ailleurs prendre en charge tout ou partie des frais.
Dans une succession, le notaire est l'acteur central (obligatoire notamment en présence d'un bien immobilier ou d'un testament), tandis que l'avocat intervient surtout en cas de conflit. La déclaration de succession doit être déposée dans les six mois du décès. Les droits de succession en ligne directe vont de 5 % à 45 % après un abattement de 100 000 € par enfant. Les frais de notaire sont en partie réglementés ; les honoraires d'avocat, eux, sont libres et fixés par convention.
Chaque succession étant particulière, il reste vivement conseillé de consulter un notaire ou un avocat. Cet article a une vocation purement informative et ne remplace pas un conseil personnalisé.
Pour aller plus loin : vous pouvez consulter nos articles sur les droits de succession entre neveux et nièces, l'acceptation et la renonciation à une succession, et l'aide juridictionnelle.