Le Pacte civil de solidarité, le PACS, a été créé par la loi du 15 novembre 1999 et figure aux articles 515-1 et suivants du Code civil. C'est un contrat par lequel deux personnes majeures organisent leur vie commune. De plus en plus de couples le choisissent comme alternative au mariage, pour sa simplicité et certains avantages fiscaux, comme la déclaration commune de revenus dès l'année de conclusion.
Mais le PACS n'est pas un « mariage allégé », et c'est là que se nichent les erreurs les plus fréquentes, notamment en matière de succession. Je précise mon rôle : je vulgarise ici le cadre légal, je ne délivre pas de consultation et je n'engage aucune responsabilité. Pour organiser votre patrimoine ou votre succession, le recours à un notaire est vivement conseillé.
Le PACS est un contrat conclu entre deux partenaires, enregistré soit en mairie devant un officier d'état civil, soit devant un notaire. Il n'emporte aucune cérémonie et sa formation est plus légère que celle du mariage. Sa dissolution l'est également : elle peut résulter d'une déclaration conjointe, de la décision unilatérale d'un partenaire, du mariage de l'un d'eux ou d'un décès. Il n'y a pas de procédure judiciaire de « divorce », sauf litige sur les conséquences de la rupture.
Cette souplesse a une contrepartie : le PACS protège moins que le mariage, en particulier le partenaire survivant. Les deux unions ne produisent pas les mêmes effets, et il est essentiel de les distinguer avant de choisir.

Contrairement à une idée répandue, le PACS crée de véritables obligations. Selon l'article 515-4 du Code civil, les partenaires s'engagent à une vie commune, à une aide matérielle et à une assistance réciproques. L'aide matérielle est proportionnelle aux facultés de chacun, sauf convention contraire. Les partenaires sont en outre solidaires des dettes contractées pour les besoins de la vie courante, dans certaines limites.
En revanche, le PACS n'impose pas de devoir de fidélité au sens du mariage, et il n'ouvre pas les mêmes droits : pas de pension de réversion, pas de qualité d'héritier légal, pas de prestation compensatoire en cas de rupture. C'est une différence de nature, et non de degré.
Depuis la réforme entrée en vigueur le 1er janvier 2007, le régime par défaut du PACS est la séparation des patrimoines : chaque partenaire reste propriétaire des biens qu'il acquiert, et conserve la gestion de ses revenus. C'est l'inverse de ce que l'on croit souvent.
Les partenaires peuvent toutefois opter, dans leur convention, pour le régime de l'indivision : les biens acquis ensemble après le PACS sont alors réputés appartenir pour moitié à chacun. Ce choix se fait à la conclusion du PACS ou par convention modificative.

C'est le point le plus important, et le plus mal compris. Le partenaire de PACS n'est pas héritier de son partenaire. En l'absence de testament, il ne reçoit aucune part de la succession : le patrimoine du défunt revient à ses héritiers (enfants, parents, etc.). Pour transmettre des biens à son partenaire, il faut impérativement rédiger un testament en sa faveur, dans la limite de la part disponible si le défunt a des enfants.
Il faut donc bien distinguer deux choses, souvent confondues. D'un côté, la qualité d'héritier : le partenaire pacsé ne l'a pas sans testament. De l'autre, la fiscalité : lorsqu'il reçoit effectivement quelque chose par testament, le partenaire pacsé survivant est totalement exonéré de droits de succession, en application de l'article 796-0 bis du Code général des impôts. L'exonération fiscale ne crée pas le droit d'hériter ; elle ne fait qu'alléger l'impôt sur ce qui a été valablement transmis.
Le mariage, lui, fait du conjoint survivant un héritier de droit, et lui ouvre des protections spécifiques absentes du PACS, comme le droit viager au logement ou l'attribution préférentielle du domicile. C'est l'écart de protection le plus marquant entre les deux unions.
Sur le plan fiscal, le PACS rapproche les partenaires des époux. Dès l'année de sa conclusion, le couple fait l'objet d'une imposition commune sur le revenu (avec une option pour des déclarations séparées la première année). En matière de succession, comme indiqué, le partenaire survivant désigné par testament est exonéré de droits de succession.
Concernant l'assurance-vie, lorsque le partenaire pacsé est désigné comme bénéficiaire du contrat, les capitaux qui lui sont versés au décès sont exonérés, le partenaire étant assimilé au conjoint pour cette exonération. Cet avantage suppose une désignation claire du bénéficiaire dans le contrat. Là encore, l'outil (testament, clause bénéficiaire) conditionne le résultat : sans rédaction adaptée, la protection annoncée ne joue pas.
Le PACS est une union souple, simple à conclure et à rompre, fiscalement avantageuse et créatrice d'obligations réelles d'aide et d'assistance. Mais il protège nettement moins que le mariage en cas de décès : le partenaire survivant n'est pas héritier et ne reçoit rien sans testament, même si ce qu'il reçoit par testament est exonéré de droits. Avant de choisir entre PACS et mariage, et surtout avant d'organiser votre succession, chaque situation étant unique, il reste vivement conseillé de consulter un notaire pour sécuriser la transmission de votre patrimoine.