Lorsqu'un parent empêche l'autre de voir son enfant en violation des règles fixées, on parle de non-représentation d'enfant. C'est un délit, mais aussi une situation douloureuse, à manier avec discernement. Que prévoit la loi, et quelles démarches peut entreprendre le parent concerné ? Le point.
Je précise mon rôle : je vulgarise ici des règles de droit pénal et familial, dans un domaine sensible. Pour une situation concrète, un avocat en droit de la famille est l'interlocuteur adapté.
Une précision de vocabulaire d'abord : le terme juridique exact est « non-représentation » d'enfant (et non « non-présentation »). « Représenter » a ici le sens de remettre l'enfant à la personne qui a le droit de le réclamer.
L'article 227-5 du Code pénal définit ce délit comme « le fait de refuser indûment de représenter un enfant mineur à la personne qui a le droit de le réclamer ». Concrètement, c'est le cas du parent qui, sans motif légitime, empêche l'autre d'exercer son droit de visite et d'hébergement, ou ne ramène pas l'enfant comme prévu.
Le droit de réclamer l'enfant peut résulter d'une décision de justice (jugement, ordonnance), mais aussi d'une convention homologuée ou d'une convention de divorce par acte d'avocat. Une décision judiciaire n'est donc pas toujours indispensable. Cette infraction est une atteinte à l'exercice de l'autorité parentale, laquelle est en principe exercée conjointement par les deux parents (article 371-1 du Code civil).

Un point important : la non-représentation d'enfant est une infraction intentionnelle. Le refus doit être délibéré ; l'adverbe « indûment » souligne la mauvaise foi. Un simple retard isolé et justifié ne suffit pas à caractériser le délit, mais la répétition des manquements est fortement incriminante.
Un point délicat mérite d'être signalé honnêtement : selon une jurisprudence constante de la Cour de cassation, la résistance de l'enfant (« il ne veut pas y aller ») ne constitue pas, à elle seule, une excuse, les juges considérant qu'il appartient au parent de la surmonter, sauf circonstances vraiment exceptionnelles. Le parent qui refuse de représenter l'enfant en invoquant un danger doit pouvoir l'étayer par des éléments solides ; les juges se montrent exigeants sur ce point.

Il faut corriger ici une erreur fréquente sur le montant de la peine. La non-représentation d'enfant est punie, dans sa forme simple, d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende (et non deux ans, comme on le lit parfois), conformément à l'article 227-5.
Les peines sont aggravées dans certains cas (article 227-9), portées à trois ans d'emprisonnement et 45 000 € d'amende :
Une aggravation est également prévue si l'auteur a été déchu de l'autorité parentale (article 227-10). Des peines complémentaires peuvent s'ajouter. À distinguer, par ailleurs, de la soustraction de mineur (article 227-7), infraction voisine mais différente, qui vise le fait de soustraire l'enfant des mains de ceux chez qui il réside.
Face à cette situation, il existe deux voies distinctes, qui peuvent se compléter.
La voie pénale vise à faire sanctionner le délit. Le parent peut commencer par faire constater le refus (en se présentant au commissariat ou à la gendarmerie, ou en faisant intervenir un commissaire de justice, ex-huissier). Il peut ensuite déposer plainte auprès du commissariat, de la gendarmerie ou du procureur de la République, en présentant ses preuves. Il est essentiel de conserver des éléments tangibles (décisions de justice, échanges écrits, attestations de témoins) attestant des refus répétés.
La voie civile, devant le juge aux affaires familiales, vise à faire respecter ou à adapter les modalités. Le parent peut demander, par exemple, une astreinte (somme à payer par jour de retard), ou une révision des modalités de résidence et de visite si la situation le justifie. L'assistance d'un avocat est ici utile pour formuler la demande. En cas de décision non respectée, le commissaire de justice peut intervenir pour son exécution.
Lorsque la situation le permet, le dialogue reste préférable. La médiation familiale, conduite par un professionnel neutre, peut aider des parents en conflit à rétablir la communication et à organiser concrètement les visites. Elle peut être une réponse utile à des blocages liés à des difficultés relationnelles.
Une réserve s'impose toutefois : la médiation n'est pas adaptée à toutes les situations, en particulier lorsqu'il existe un contexte de violences. Elle suppose un minimum d'équilibre entre les parties. Dans ces cas, la priorité est la protection de l'enfant et du parent concerné, et le recours direct à la justice et aux dispositifs d'aide est plus indiqué.
La non-représentation d'enfant (article 227-5 du Code pénal) est le fait de refuser indûment de remettre un enfant à la personne qui a le droit de le réclamer. C'est un délit intentionnel, puni d'un an d'emprisonnement et de 15 000 € d'amende (trois ans et 45 000 € en cas de rétention de plus de cinq jours ou à l'étranger). Le parent concerné dispose de deux voies : pénale (faire constater le refus, porter plainte) et civile (saisir le juge aux affaires familiales pour une astreinte ou une révision). La médiation peut aider, sauf en contexte de violences.
Chaque situation familiale étant unique et souvent douloureuse, il est conseillé de se faire accompagner par un avocat. Cet article a une vocation purement informative et ne remplace pas un conseil personnalisé.