Lorsque vous êtes victime d'une infraction, savoir comment porter plainte permet de faire valoir vos droits et de déclencher l'action de la justice. Une infraction est un acte interdit par la loi pénale, classé selon sa gravité en contravention, délit ou crime. Porter plainte, c'est informer la justice qu'une telle infraction a été commise à votre encontre. Cet article vous explique les différentes façons de déposer plainte, les délais à respecter, ce qu'il faut préparer, et ce qui se passe ensuite.
Je précise mon rôle : je vulgarise ici cette procédure à titre informatif, sans me substituer à un avocat ni aux services de police, de gendarmerie ou au procureur, vers lesquels j'oriente. Pour les affaires graves ou complexes, l'accompagnement d'un professionnel est vivement conseillé.
Il faut d'abord lever une confusion fréquente, présente dans beaucoup d'articles : on ne porte pas plainte pour une « infraction civile ». Cette notion n'existe pas. On porte plainte lorsqu'on est victime d'une infraction pénale, c'est-à-dire d'un fait puni par la loi : une contravention (la moins grave), un délit (vol, escroquerie, violences, harcèlement...) ou un crime (le plus grave).
Concrètement, cela signifie qu'un simple litige privé (un désaccord contractuel, un impayé entre particuliers) relève en principe du juge civil, et non d'une plainte pénale. Toute personne victime peut porter plainte, qu'elle soit majeure, mineure ou majeure protégée, et même si elle ne connaît pas l'auteur des faits : dans ce cas, la plainte est déposée « contre X ». Porter plainte est gratuit.

Au-delà d'un certain temps, on ne peut plus porter plainte : c'est la prescription de l'action publique. L'article d'origine donnait des durées inexactes (« 6 ans pour les délits mineurs à 20 ans »). Voici les délais de droit commun à connaître, qui dépendent de la gravité de l'infraction.
Le délai est en principe d'un an pour une contravention, de six ans pour un délit et de vingt ans pour un crime. Le point de départ est, en règle générale, le jour où l'infraction a été commise. Concrètement, cela signifie qu'il vaut mieux agir sans tarder, à la fois pour respecter ces délais et pour préserver les preuves. Des règles particulières existent toutefois : pour certaines infractions dissimulées (par exemple l'escroquerie ou l'abus de confiance), le délai ne court qu'à partir de la découverte des faits ; et pour les infractions commises sur des mineurs, notamment de nature sexuelle, les délais sont allongés et ne commencent à courir qu'à la majorité de la victime. En cas de doute, surtout pour des faits anciens, il est prudent de consulter un avocat.
Vous disposez de plusieurs voies. La plus courante consiste à vous rendre dans un commissariat de police ou une brigade de gendarmerie, quel que soit le lieu de l'infraction ou votre domicile. Les forces de l'ordre ont l'obligation d'enregistrer votre plainte si vous êtes victime d'une infraction ; elles ne peuvent pas la refuser, même si les faits relèvent d'un autre secteur géographique. Un récépissé vous est remis.
Vous pouvez aussi porter plainte par écrit, en adressant directement un courrier au procureur de la République du tribunal judiciaire compétent (lieu de l'infraction ou domicile de l'auteur), de préférence en recommandé avec accusé de réception. Concrètement, cela signifie que le déplacement au commissariat n'est pas la seule option, notamment si l'on vous a refusé une plainte ou si l'affaire est complexe.

Des services en ligne existent, mais il faut bien comprendre leur portée, car la source d'origine les présentait de façon trop simplifiée. Le service de pré-plainte en ligne, sur le site du ministère de l'Intérieur, ne concerne que les atteintes aux biens (vol, dégradation, escroquerie...) lorsque vous ne connaissez pas l'auteur des faits. Surtout, la pré-plainte ne vaut pas plainte : elle permet seulement de préparer le rendez-vous, et vous devrez ensuite vous déplacer pour signer la plainte devant un agent.
Pour certains faits précis, des téléservices dédiés existent : Perceval pour les fraudes à la carte bancaire, et Thésée pour les escroqueries et arnaques en ligne. Concrètement, cela signifie qu'il n'existe pas, pour la plupart des infractions, de dépôt de plainte entièrement en ligne valant plainte définitive : la voie en ligne facilite la démarche, mais une étape en présentiel reste souvent nécessaire.
Pour que votre plainte soit traitée efficacement, il est utile de rassembler en amont les éléments décrivant les faits. Cela comprend vos coordonnées, une description précise de l'incident (date, heure, lieu), l'identité ou le signalement des personnes impliquées si vous les connaissez, et les coordonnées d'éventuels témoins.
Il est aussi recommandé de réunir toutes les preuves disponibles : photographies, captures d'écran, messages, courriels, certificat médical en cas de violences, ou tout document utile. Pensez à apporter une pièce d'identité. Concrètement, cela signifie qu'un dossier clair et complet facilite l'enquête et augmente les chances que les faits soient établis. À noter qu'une déclaration mensongère engage votre responsabilité : la dénonciation de faits que l'on sait faux est elle-même une infraction.
La plainte est transmise au procureur de la République, qui décide des suites. Une enquête peut être confiée à la police ou à la gendarmerie pour vérifier l'existence de l'infraction et identifier l'auteur. À l'issue, le procureur peut décider de poursuivre l'auteur devant une juridiction, de mettre en œuvre une mesure alternative aux poursuites (par exemple une composition pénale), ou de classer l'affaire sans suite.
Le classement sans suite n'est pas rare, notamment lorsque l'auteur reste inconnu ou les preuves insuffisantes. Concrètement, cela signifie que le dépôt d'une plainte ne garantit pas des poursuites. Si votre plainte est classée, vous n'êtes pas démuni : vous pouvez contester la décision auprès du procureur général, ou, sous certaines conditions (notamment l'écoulement d'un délai de trois mois sans réponse, pour un délit ou un crime), déposer une plainte avec constitution de partie civile devant le juge d'instruction, ce qui oblige à l'ouverture d'une enquête. Cette voie suppose en général l'assistance d'un avocat.
Contrairement à ce que laissait entendre la source d'origine, il n'existe pas, dans le système judiciaire français, de « tableau de bord » en ligne permettant de suivre en temps réel l'état de sa plainte, et la victime n'est pas systématiquement informée de l'avancement de l'enquête.
En pratique, pour obtenir des informations, vous pouvez relancer le service qui a reçu votre plainte ou le tribunal judiciaire compétent, en rappelant les références de votre dossier et en justifiant de votre identité. Concrètement, cela signifie que le suivi se fait surtout par vos démarches, et non par une plateforme automatisée. Si vous êtes accompagné d'un avocat, celui-ci peut effectuer ces démarches et recevoir les informations pour vous.
On porte plainte lorsqu'on est victime d'une infraction pénale (contravention, délit ou crime), et non d'une « infraction civile », notion qui n'existe pas. Les délais de prescription sont en principe d'un an (contraventions), six ans (délits) et vingt ans (crimes), avec des règles particulières (infractions dissimulées, mineurs). Le dépôt se fait au commissariat, à la gendarmerie, ou par courrier au procureur ; la pré-plainte en ligne ne vaut pas plainte et impose une signature en présentiel. C'est le procureur qui décide des suites, et un classement sans suite reste possible, avec des recours à la clé.
Chaque situation étant particulière, notamment pour les faits graves ou anciens, il est vivement conseillé de consulter un avocat ou de solliciter une association d'aide aux victimes (le 116 006, numéro national gratuit d'aide aux victimes, peut vous orienter). Cet article a une vocation purement informative et ne remplace pas un conseil juridique personnalisé.