Les différents types de harcèlement et comment y faire face ?

Les différents types de harcèlement et comment y faire face ?

Aujourd'hui, les langues se délient et même si le sujet demeure tabou chez bon nombre de personnes, évoquer le harcèlement est un excellent moyen de donner la force aux victimes de s'exprimer et de le combattre.

Ce guide s'adresse aux personnes qui pensent subir du harcèlement, à leurs proches, mais également aux témoins qui ignorent comment réagir. Le périmètre est celui de la France : les démarches et repères cités ci-dessous sont pensés pour les contextes les plus fréquents (école, travail, espace public, en ligne).

Vous allez y trouver des repères concrets pour identifier une situation (sans la minimiser ni la surinterpréter), des premières actions prioritaires et des idées de preuves utiles à conserver. Comme nous allons le voir, il existe différents types de harcèlement. Quels sont-ils ? Quelles sont les conséquences du harcèlement ? Autant d'interrogations qui méritent que l'on s'y intéresse pour faire un point sur un sujet de société sensible.

Commencez par identifier si la situation correspond à du harcèlement (répétition, impact, contexte), puis documentez les faits au fil de l'eau.

Qu'est-ce qui peut être considéré comme du harcèlement ?

Selon la définition d'Ariane Bilheran, docteure en Psychopathologie, « le harcèlement vise la destruction progressive d'un individu ou d'un groupe par un autre individu ou un groupe, au moyen de pressions réitérées destinées à obtenir de force de l'individu quelque chose contre son gré et, ce faisant, à susciter et entretenir chez l'individu un état de terreur ».

Ce qui caractérise souvent le harcèlement (selon le cadre : travail, école, pénal…)

  • La répétition : des agissements qui reviennent (même s'ils semblent “petits” pris isolément).
  • Un déséquilibre de pouvoir (souvent) : hiérarchie, groupe contre une personne, dépendance économique/affective, isolement.
  • L'intention n'est pas toujours simple à prouver : dans la pratique, on s'appuie surtout sur les faits, leur répétition et leurs effets.
  • L'impact : dégradation des conditions de vie, de travail ou de scolarité, atteinte à la dignité, anxiété, peur, repli, etc.

Le champ des domaines est donc étendu, et les répercussions sur une personne peuvent être considérables : le harcèlement peut notamment contribuer à un épuisement professionnel sévère. Le diagnostic (burn-out irréversible, dépression, stress post-traumatique…) relève toutefois d'un professionnel de santé.

Confusions fréquentes

  • Conflit ponctuel vs harcèlement : un désaccord, même vif, n'est pas forcément du harcèlement s'il n'y a pas de répétition ni de stratégie d'atteinte.
  • Remarque isolée vs répétition : une phrase déplacée peut être grave, mais la qualification de “harcèlement” repose souvent sur la répétition (selon les situations).
  • Management exigeant vs agissements humiliants répétés : demander des résultats n'autorise pas les humiliations, les menaces, l'isolement organisé ou la dégradation volontaire des conditions de travail.

Seul un professionnel (avocat, juriste, association spécialisée) peut qualifier juridiquement une situation au regard des faits et du contexte.

Quelles sont les conséquences du harcèlement ?

Le harcèlement, quel que soit son type, peut avoir de multiples répercussions sur les victimes et entraîner aussi des conséquences significatives pour les auteurs. Ces conséquences touchent plusieurs aspects de la vie des individus concernés, que ce soit au niveau de la santé mentale, physique ou sur le plan juridique.

Les impacts du harcèlement sur la santé mentale

Le harcèlement peut avoir des effets importants sur la santé mentale des victimes. Il peut contribuer à des troubles comme l'anxiété, la dépression et un stress post-traumatique. Les victimes peuvent commencer à avoir une faible estime d'elles-mêmes, une peur constante et, dans les cas sévères, des pensées suicidaires. Les séquelles psychologiques peuvent perdurer après que le harcèlement a cessé, nécessitant parfois un soutien ou un accompagnement psychologique.

Ces effets varient selon les personnes. En cas d'idées suicidaires ou de danger, la priorité est de chercher une aide urgente.

Les impacts physiques auprès des victimes

Les effets physiques du harcèlement ne sont pas à sous-estimer. Le stress chronique peut entraîner des insomnies, des maux de tête, des problèmes digestifs et une fatigue constante. Chez certaines victimes, le harcèlement peut aussi se traduire par des symptômes psychosomatiques (le stress mental se manifeste par des douleurs ou troubles physiques). En cas de harcèlement physique direct, des blessures corporelles peuvent survenir.

Mini-cas (exemple fictif)Une personne subit des remarques humiliantes quasi quotidiennes, puis des mises à l'écart (déjeuners “oubliés”, informations non transmises). En quelques semaines, elle évite les échanges, dort mal, appréhende chaque journée et finit par consulter. Le médecin constate un état d'épuisement et recommande un arrêt, tandis que la personne commence à noter les faits (dates, témoins, messages) et à signaler la situation dans un cadre formel.

Tableau synthétique des signaux d'alerte et comment réagir rapidement

Signaux d'alerte Quoi faire dans les 72h
Anxiété, insomnies, ruminations, peur d'aller au travail/à l'école En parler à une personne de confiance, consulter un médecin si besoin, commencer un journal des faits (dates/lieux), conserver les messages.
Isolement, honte, perte de confiance, “je n'ose plus” Identifier un interlocuteur fiable (proche, référent, RH/CSE, adulte à l'école), demander un rendez-vous, formaliser par écrit ce qui se passe.
Menaces, suivi, présence près du domicile/du travail, escalade Ne pas rester seul(e), prévenir des proches, appeler les forces de l'ordre si danger, conserver les preuves (messages, appels, témoins). La priorité doit être donnée à la sécurité.
Harcèlement en ligne “en meute”, diffusion de contenus, usurpation Faire des captures horodatées des URLs, signaler sur la plateforme, sécuriser les comptes (mot de passe/2FA), prévenir l'établissement/l'employeur selon le contexte.

Les conséquences juridiques pour les auteurs de harcèlement

Sur le plan juridique, les auteurs de harcèlement peuvent s'exposer à des sanctions. En France, selon la nature des actes, le contexte (travail, scolaire, espace public, en ligne) et les faits établis, certains comportements peuvent constituer une infraction et entraîner des poursuites, des amendes et des peines plus lourdes. Des conséquences professionnelles peuvent aussi en découler (sanctions disciplinaires, licenciement), selon les situations.

Quelles sont les conséquences du harcèlement ?

Quels sont les différents types de harcèlement ?

Les différents types de harcèlement sont vastes et il en existe de toutes sortes. En France, de nombreux comportements de harcèlement sont sanctionnés, selon le cadre (pénal, travail, scolaire) et les faits.

Parmi les harcèlements les plus connus, nous pouvons citer :

Type Exemples concrets Signaux typiques Premières actions Preuves utiles
Harcèlement moral Humiliations répétées, dénigrement, isolement organisé Perte de confiance, peur, repli, dégradation du quotidien Journal des faits, alerter un interlocuteur légitime, consulter si impact santé. Messages/emails, attestations, notes datées, certificats médicaux
Harcèlement scolaire Moqueries, rumeurs, coups, exclusion, groupe en ligne Refus d'aller en cours, isolement, chute des résultats Alerter un adulte, demander un rendez-vous à l'établissement, tracer par écrit. Captures, noms, dates, témoignages, échanges avec l'établissement
Harcèlement professionnel Missions retirées, objectifs irréalistes, remarques quotidiennes Dégradation des conditions de travail, isolement, stress Formaliser par écrit, conserver les documents, solliciter RH/CSE/médecin du travail. Emails, comptes-rendus, planning, attestations, certificats
Harcèlement sexuel Propos sexuels répétés, demandes insistantes, contenus non sollicités, contacts non désirés Peur, évitement, pression, sentiment d'insécurité Sécurité d'abord, en parler, conserver les traces, demander conseil. Messages, emails, captures, témoins, certificats
Harcèlement de rue Suivi insistant, obstruction, commentaires sexuels Peur, changement d'itinéraire, hypervigilance Se rapprocher d'un lieu sûr, appeler un proche, demander de l'aide. Description, lieu/heure, témoins (si possible sans se mettre en danger)
Cyberharcèlement Insultes, rumeurs, doxing, usurpation, diffusion d'images Attaques répétées, “meute”, anonymat, viralité Captures des messages et des URLs, signaler, sécuriser les comptes, alerter selon le contexte. Captures horodatées, liens, identifiants, échanges, attestations
Harcèlement physique (stalking) Suivi, présence répétée, appels incessants, menaces Escalade, intrusion, peur de sortir Plan de sécurité, informer proches, forces de l'ordre si danger. Journal des faits, appels/messages, témoins, certificats

Si vous hésitez entre deux catégories, partez du contexte (école / travail / espace public / en ligne) et de la répétition des faits : cela aide à choisir les bons interlocuteurs et les bonnes démarches.

Quels sont les différents types de harcèlement ?

Le harcèlement moral

C'est l'un des harcèlements les plus répandus. On évoque également le terme de harcèlement psychologique pour y faire référence. Il se caractérise par des conduites inappropriées qui, dans les faits, prennent souvent la forme d'une violence verbale et de propos visant à porter atteinte à la dignité physique et psychologique d'une personne.

Exemples concrets

  • Des phrases humiliantes répétées (“tu es nul(le)”, “tu ne sers à rien”) ou des moqueries récurrentes.
  • Du dénigrement devant des tiers (collègues, camarades, famille), pour décrédibiliser la personne.
  • Un isolement organisé : on ne vous transmet plus les informations, on vous exclut systématiquement, on vous “met à l'écart”.

Contre-exemple (pas forcément du harcèlement) : un désaccord ponctuel, une critique isolée ou un conflit unique, même désagréable, ne suffit pas toujours à caractériser un harcèlement.

Le harcèlement moral crée progressivement un sentiment de mal-être chez la victime, qui peut conduire à une perte de confiance en elle. Dans les cas sévères, il peut contribuer à des conséquences très graves (dépression, idées suicidaires). Le harcèlement moral peut être présent dans différents milieux (scolaire, couple, travail, famille…).

Erreurs fréquentes et alternatives

  1. Répondre sur le même ton : cela peut se retourner contre vous. Préférez des réponses factuelles, puis prenez du recul.
  2. S'isoler : choisissez au moins un allié (collègue fiable, proche, référent) et demandez de l'aide.
  3. Ne rien noter : tenez un journal des faits et conservez les traces (messages, emails, témoins).
  4. Attendre trop longtemps : consultez tôt (médecin/psychologue) si l'impact devient important.

Le harcèlement scolaire

Le harcèlement scolaire est caractérisé par une pression psychologique et des gestes ou des propos d'intimidation répétés d'un auteur ou d'un groupe envers une ou plusieurs victimes. Il peut prendre une forme physique ou psychologique.

Scénario courant

Un groupe WhatsApp se moque d'un élève le soir, puis la classe reprend les mêmes surnoms en journée. L'élève s'isole, n'ose plus participer et redoute les récréations. Dans ce cas, gardez des captures d'écran (avec dates), notez les noms et les faits, et demandez un cadre adulte (établissement) pour stopper la dynamique.

Dans les faits, le harcèlement scolaire conduit généralement l'enfant à se sentir isolé et nerveux. Il peut conduire les victimes à développer une phobie scolaire et avoir des répercussions graves (dépression, idées suicidaires).

À éviter : demander à l'enfant “d'encaisser” ou organiser une confrontation directe avec les harceleurs sans cadre adulte.

Le harcèlement professionnel

Le harcèlement professionnel est une forme de harcèlement moral au travail. C'est l'œuvre d'un auteur ou d'un groupe au sein de la structure de travail. Il est parfois lié à la propagation de moqueries ou de rumeurs à propos de la victime, conduisant à son isolement progressif. Il peut aussi prendre la forme d'une mise à l'écart, d'une surcharge, d'humiliations répétées ou d'une dégradation organisée des conditions de travail.

Exemple concret de “dégradation des conditions de travail”

  • On vous retire progressivement vos missions.
  • On vous fixe des objectifs irréalistes
  • On vous fait des remarques quotidiennes devant l'équipe.
  • On vous exclut des réunions utiles.

Pour le consigner : notez la date, l'heure, le lieu, les faits précis, l'impact, les témoins et les pièces à conviction (emails, planning, comptes-rendus).

À éviter / À faire

  • À éviter : démissionner “à chaud”, tout verbaliser sans traces, affronter seul(e) la personne ou le groupe.
  • À faire : formaliser par écrit, conserver les documents, solliciter selon le contexte RH, CSE/représentants du personnel, médecin du travail.

Les risques liés au harcèlement au travail sont doubles : d'une part, les victimes peuvent être en situation de stress important et, d'autre part, la situation peut basculer dans la violence en cas d'agression.

Le harcèlement sexuel

Le harcèlement sexuel peut prendre diverses formes, depuis une conduite inappropriée jusqu'à des actes plus graves. Il peut prendre l'aspect d'actions intimidantes ou de contraintes sexuelles. Il peut être physique, verbal ou non verbal.

Exemples concrets

  • Remarques à connotation sexuelle répétées sur le corps, la tenue, la vie intime.
  • Demandes insistantes de rendez-vous ou de “faveurs”, malgré un refus clair.
  • Envoi de contenus sexuels non sollicités (messages, images, vidéos).
  • Gestes ou contacts non désirés (se coller, toucher, bloquer le passage).

Selon les faits, certains actes graves peuvent suffire à caractériser une infraction même sans répétition : la qualification dépend du contexte et des éléments disponibles.

La qualification juridique dépend des faits et du contexte. Une association spécialisée ou un avocat peuvent aider à qualifier la situation et à choisir les démarches adaptées.

Le harcèlement sexuel

Le harcèlement de rue

Le harcèlement de rue fait l'objet de sanctions spécifiques en France. Il consiste à importuner, dénigrer, intimider ou insulter une personne dans l'espace public, avec un impact sur son sentiment de sécurité.

Situations typiques et que faire :

  • Suivi insistant : changez d'itinéraire, entrez dans un lieu fréquenté, appelez un proche.
  • Commentaires sexuels répétés : mettez de la distance, cherchez du soutien autour de vous (commerçant, passants), priorisez la sortie de situation.
  • Obstruction du passage : reculez vers un endroit sûr, demandez de l'aide, appelez les secours si menace.

Votre sécurité prime sur la collecte de preuves : ne vous mettez pas en danger pour filmer.

Le cyberharcèlement

Le cyberharcèlement ou harcèlement virtuel a fait son apparition avec l'avènement d'internet et des nouvelles technologies numériques. Il peut prendre la forme d'insultes, de rumeurs, de diffusion de contenus, d'usurpation d'identité ou d'attaques répétées via les réseaux.

check-list : réagir en 30 minutes Objectif
Faire des captures d'écran horodatées et copier les URLs Conserver des preuves avant suppression/modification
Signaler le contenu et le compte sur la plateforme Limiter la diffusion et créer une trace de signalement
Sécuriser vos comptes (mot de passe fort, 2FA, vérification des accès) Éviter l'escalade (piratage, usurpation)
Prévenir un proche / l'établissement / l'employeur selon le contexte Rompre l'isolement et activer les bons relais

L'auteur du harcèlement peut être connu ou anonyme et le cyberharcèlement peut aussi être “en meute” (effet de groupe), ce qui augmente la pression et la rapidité de diffusion.

Erreurs fréquentes (et alternatives)

  • Répondre publiquement : cela peut nourrir la dynamique. Préférez capturer, signaler, bloquer.
  • Supprimer trop vite les preuves : archivez d'abord (captures, liens, dates).
  • Négocier seul(e) avec le harceleur : privilégiez les canaux officiels (signalement, accompagnement).
  • Multiplier les posts émotionnels : recentrez-vous sur la sécurité, les preuves et le soutien.

Le harcèlement physique

Le harcèlement physique est moins connu que le harcèlement au travail ou à l'école. Cependant, il n'est pas moins dévastateur. Son principe conduit l'auteur à poursuivre la victime dans un acte obsessionnel : espionner la personne, la poursuivre, tenter d'établir un contact intrusif, la menacer ou encore exercer une violence physique ou morale à son encontre.

Mini-cas (exemple)Un ex-partenaire attend régulièrement près de votre domicile, multiplie les appels, suit vos trajets et “tombe par hasard” sur vous. Dans ce cas, il peut être utile de varier vos routines, d'informer des proches, de conserver les preuves (appels, messages, témoins, dates/lieux) et de contacter les forces de l'ordre si vous êtes menacé(e) ou en danger.

Erreurs fréquentes et alternatives

  • Minimiser : prenez au sérieux les signaux répétés, surtout s'ils s'intensifient.
  • Accepter “un dernier rendez-vous” : privilégiez un cadre sécurisé et accompagné si un échange est nécessaire.
  • Rester isolé(e) : mettez en place un plan de sécurité (proches informés, trajets, lieux refuges) et cherchez un accompagnement.

Que faire quand on est victime de harcèlement ?

Lorsqu'une personne est victime d'une forme de harcèlement, elle peut disposer de protections et de recours en France, selon les faits et le contexte. L'objectif, dans la pratique, est de se protéger, documenter et activer les bons interlocuteurs au bon moment.

Horizon de temps Actions prioritaires
Immédiat (24-48 heures)
  • Priorité à la sécurité (s'éloigner, se faire accompagner, appeler les secours si danger).
  • Conserver les premières preuves (messages, emails, captures, noms, dates).
  • En parler à une personne de confiance et ne pas rester seul(e).
Court terme (7 jours)
  • Commencer et structurer un journal des faits.
  • Identifier l'interlocuteur adapté (établissement, école, RH/CSE/hiérarchie (travail), plateforme (en ligne), forces de l'ordre (menaces/violences).
  • Consulter un professionnel de santé si l'impact est important (sommeil, anxiété, somatisations).
Moyen terme (1-3 mois)
  • Se faire conseiller (association, avocat) pour choisir la démarche la plus adaptée.
  • Engager, si nécessaire, des démarches formelles (signalement, médiation, plainte, procédures selon le contexte).
  • Mettre en place un suivi (soutien psychologique, aménagements, protection).

En matière de droit, que cela concerne le harcèlement ou un autre domaine juridique, il est souvent utile de se faire accompagner par un avocat. Les victimes de harcèlement sexuel, moral, au travail ou ailleurs, peuvent déposer plainte dans un commissariat ou une brigade de gendarmerie, selon les situations.

Dans tous les cas, il est conseillé d'en parler et de ne pas taire les abus répétés afin de rompre l'isolement et d'augmenter les chances que la situation cesse. Un accompagnement psychologique auprès d'un professionnel de santé peut aussi aider à retrouver un équilibre émotionnel et à prendre des décisions plus sereines.

Certaines démarches peuvent avoir des conséquences professionnelles ou familiales. si le contexte est sensible, se faire conseiller avant d'agir peut éviter des erreurs difficiles à rattraper.

Que faire quand on est victime de harcèlement ?

Les mesures légales et l'aide aux victimes

Avant tout, retenez que les harcèlements, quelle que soit leur forme, visent à porter atteinte aux droits et à la dignité des victimes. La répétition de ces agissements est susceptible d'altérer la santé physique ou mentale et de compromettre l'avenir des victimes. Si vous êtes victime de harcèlement, sachez qu'il existe plusieurs recours, à adapter à votre situation.

L'une des manifestations les plus courantes est le harcèlement moral sur le lieu de travail. Lorsque vous en êtes victime, plusieurs choix peuvent s'offrir à vous :

  1. Prévenir l'inspection du travail
  2. Prévenir le Défenseur des droits
  3. Recourir à la médiation ou encore saisir le conseil de prud'hommes ou la justice pénale, selon les faits.

Voici une sélection d'étapes utiles si vous êtes victime de harcèlement :

  • Prise de conscience de la situation : admettre et reconnaître que vous subissez des agissements répétés est une étape importante. Identifiez les comportements, leur fréquence et leur impact sur votre vie (travail, école, santé, relations).
  • Constituer des preuves : il est capital de conserver une trace des incidents. Pensez à des éléments comme les messages, les emails, les captures d'écran, les attestations de témoins, les certificats médicaux, les documents professionnels (planning, objectifs, comptes-rendus), etc.

Selon la légalité et la recevabilité des éléments, demandez conseil avant d'utiliser certains moyens de preuve.

Exemple de “journal des faits” (format simple)

Date / heure Lieu / contexte Faits précis (mots/actes) Impact (sur vous) Témoin(s) Pièce associée
12/01 à 9h15 Réunion d'équipe Remarque humiliant(e) répétée devant le groupe Stress, tremblements, difficulté à travailler 2 collègues Mail de convocation et note

Intérêt : un récit chronologique cohérent renforce la crédibilité, aide à repérer la répétition et facilite l'échange avec un professionnel.

 

Les bons réflexes

  • Discutez-en et cherchez du soutien : ne portez pas seul(e) le poids de ce que vous subissez. En parler à des proches, des collègues de confiance ou un professionnel de santé peut aider à rompre l'isolement. Des organismes d'aide aux victimes peuvent aussi vous orienter selon votre situation.
  • Entreprendre des actions légales : le dépôt d'une plainte auprès des autorités compétentes peut être envisagé selon les faits. Un avocat peut vous aider à comprendre les options (pénal, travail, démarches de protection) et à préparer un dossier. Dans certaines situations, des mesures de protection peuvent être demandées pour renforcer votre sécurité.

FAQ (questions fréquentes)

Puis-je porter plainte sans “preuves parfaites” ?

Oui, c'est possible. Concrètement, plus vous avez d'éléments (journal des faits, messages, témoins, certificats), plus votre démarche est étayée. Commencez à documenter dès maintenant.

Que faire si l'employeur ne réagit pas ?

Formalisez vos alertes par écrit, sollicitez les interlocuteurs internes (RH, CSE/représentants du personnel) et demandez conseil à un professionnel. Selon les situations, des recours externes peuvent être envisagés (inspection du travail, Défenseur des droits, prud'hommes, pénal).

Et, si le harcèlement est en ligne et anonyme ?

Dans ce cas :

  • Conservez des captures d'écran et les URLs.
  • Signalez sur la plateforme
  • Sécurisez vos comptes. L'anonymat n'empêche pas toujours l'identification, mais cela dépend des faits et des démarches engagées.

Que faire si je suis mineur(e) ?

Parlez à un adulte de confiance (parent, CPE, infirmier(ère) scolaire, professeur). Un signalement via l'établissement est souvent une première étape et un accompagnement peut être mis en place.

Combien de temps garder les preuves ?

Gardez-les le plus longtemps possible, surtout si la situation dure ou si vous envisagez une démarche. En cas de doute sur les délais applicables à votre situation, demandez conseil.

Par ailleurs, pour d'autres formes de harcèlement, la victime peut porter plainte auprès de diverses entités telles que les forces de l'ordre, le procureur de la République, des organismes d'aide aux victimes. Si le harcèlement a lieu sur le lieu de travail, il est généralement utile d'en informer votre responsable ou votre supérieur hiérarchique (ou un autre interlocuteur interne si la hiérarchie est impliquée).

Dans les cas de harcèlement de la part de l'employeur, vous pouvez vous rapprocher des représentants des travailleurs ou des représentants syndicaux, qui peuvent conseiller et intervenir. En cas de cyberharcèlement, des dispositifs de signalement existent en France (par exemple PHAROS). Certaines plateformes proposent aussi des outils de signalement intégrés.

Le harcèlement : un problème à considérer

Le harcèlement est un problème grave et complexe qui peut concerner toute personne. Quel que soit son type, il est essentiel de l'identifier, d'en parler et de prendre des mesures adaptées pour se préserver et protéger les autres.

Les 5 points à retenir

  • Identifier : répétition, contexte, impact (sans confondre avec un conflit ponctuel).
  • Se mettre en sécurité : surtout en cas de menaces, suivi, violences, escalade.
  • Documenter : journal des faits et traces (messages, captures, témoins, certificats).
  • Chercher du soutien : proche et interlocuteur légitime et professionnel si besoin.
  • Activer les recours adaptés : école, travail, plateformes, forces de l'ordre, conseil juridique.

Lutter contre le harcèlement est une responsabilité collective qui passe par la sensibilisation, le soutien aux victimes et une réaction ferme face aux comportements inacceptables. Si vous ne savez pas par où commencer : notez les faits et parlez-en à une personne de confiance.

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