Lorsque des parents se séparent, l'organisation de la vie des enfants est souvent un sujet délicat. La convention parentale permet de la régler à l'amiable, en fixant ensemble les modalités essentielles plutôt que de laisser le juge trancher. Qu'est-ce qu'une convention parentale, pourquoi la faire homologuer, et comment la modifier ? Le point.
Je précise mon rôle : je vulgarise ici des règles du Code civil relatives à l'autorité parentale. Pour rédiger ou faire homologuer une convention, l'accompagnement d'un avocat en droit de la famille est vivement conseillé.
La convention parentale est un accord écrit par lequel deux parents organisent, après leur séparation, les modalités d'exercice de l'autorité parentale et fixent la contribution à l'entretien et à l'éducation des enfants. Elle est prévue par l'article 373-2-7 du Code civil.
Un point important doit être clarifié, car le texte courant l'associe souvent à tort au seul divorce : la convention parentale concerne tous les parents qui se séparent, qu'ils soient mariés, pacsés, en concubinage, ou qu'ils n'aient jamais vécu ensemble. Ce qui compte, c'est le lien avec l'enfant, et non le statut du couple. Elle est d'ailleurs distincte de la convention de divorce par consentement mutuel, qui règle l'ensemble des effets du divorce.
Elle porte typiquement sur :

Une convention parentale peut être rédigée par les parents eux-mêmes, au cours d'une médiation familiale, ou avec l'aide d'un avocat (vivement recommandé pour en mesurer les conséquences). Mais pour qu'elle ait pleinement force, il est conseillé de la faire homologuer par le juge aux affaires familiales (JAF).
L'intérêt est juridique : l'homologation confère à la convention la même force exécutoire qu'un jugement. Concrètement, cela signifie qu'en cas de non-respect par l'un des parents, l'autre pourra en obtenir l'exécution. À l'inverse, une convention non homologuée vaut comme un accord entre les parents, mais ne permet pas, à elle seule, une exécution forcée.
L'homologation n'est donc pas obligatoire, mais elle est fortement conseillée pour sécuriser l'accord et prévenir les conflits futurs.
Les parents saisissent ensemble le juge aux affaires familiales, par requête conjointe (article 1143 du Code de procédure civile), auprès du tribunal du lieu de résidence de l'un d'eux. La procédure est en principe simple et rapide :
Une décision refusant l'homologation peut faire l'objet d'un appel.

La résidence (alternée ou principale) est l'un des points clés de la convention. Le critère déterminant est toujours l'intérêt de l'enfant. Plusieurs éléments sont pris en compte pour fixer les modalités :
La résidence alternée n'implique pas nécessairement un partage strictement égal du temps : les contraintes pratiques peuvent justifier une répartition différente. En cas de désaccord ou pour un très jeune enfant, le juge peut s'entourer de l'avis de professionnels de l'enfance.
La situation des parents et des enfants évolue avec le temps (déménagement professionnel, changement de scolarité, évolution des besoins de l'enfant). La convention peut alors être modifiée.
Si les deux parents sont d'accord sur les changements, ils peuvent rédiger une nouvelle convention et la soumettre au juge aux affaires familiales pour homologation, selon la même procédure. En l'absence d'accord, le parent qui souhaite la modification peut saisir seul le JAF, qui tranchera au regard de l'intérêt de l'enfant. À noter : le juge peut entendre l'enfant doué de discernement, qui a le droit d'exprimer son avis sur les questions le concernant.
La convention parentale (article 373-2-7 du Code civil) permet à des parents séparés, quel que soit leur statut (mariés, pacsés, concubins…), d'organiser à l'amiable l'autorité parentale, la résidence des enfants et la pension alimentaire. Faire homologuer la convention par le juge aux affaires familiales lui donne force exécutoire, ce qui permet d'en obtenir l'exécution en cas de non-respect. Le juge ne peut refuser l'homologation que si l'intérêt de l'enfant n'est pas préservé ou si un consentement n'a pas été libre. La convention peut être modifiée si la situation évolue.
Chaque situation familiale étant particulière, et l'intérêt de l'enfant devant toujours primer, il reste vivement conseillé de se faire accompagner par un avocat en droit de la famille. Cet article a une vocation purement informative et ne remplace pas un conseil personnalisé.