Comment fonctionne une peine de prison avec sursis ?

Comment fonctionne une peine de prison avec sursis ?

Une peine de prison avec sursis reste une condamnation à l'emprisonnement, mais tout ou partie de son exécution est suspendu. La personne condamnée n'est donc pas nécessairement incarcérée pour la partie assortie du sursis. Cette suspension reste toutefois soumise à des conditions qui diffèrent selon qu'il s'agit d'un sursis simple ou d'un sursis probatoire.

Le sursis ne signifie donc ni absence de condamnation ni effacement immédiat de la peine. Il peut avoir des conséquences sur le casier judiciaire et être révoqué dans certaines situations. Je vulgarise ici les règles applicables en droit pénal français. Pour une condamnation précise, notamment lorsqu'une peine ferme accompagne le sursis, l'analyse du jugement par un avocat pénaliste reste utile.

Qu'est-ce qu'une peine avec sursis ?

Le sursis est une modalité d'exécution de la peine. Le tribunal prononce bien une condamnation, mais décide que tout ou partie de cette peine ne sera pas exécuté immédiatement. Pour l'emprisonnement, cela permet notamment d'éviter l'exécution de la partie suspendue tant que les conditions du sursis sont respectées.

Le droit français distingue principalement le sursis simple et le sursis probatoire. Le premier n'organise pas un suivi comparable à une probation. Le second s'accompagne au contraire de mesures de contrôle, d'obligations ou d'interdictions adaptées à la situation de la personne condamnée.

Le sursis peut également ne concerner qu'une partie de la peine. Une condamnation peut donc comporter à la fois une partie ferme et une partie assortie du sursis.

Qu'est-ce qu'une peine avec sursis ?

Qu'est-ce que le sursis simple ?

Le sursis simple suspend l'exécution de la peine sans placer la personne sous un régime de probation. Contrairement au sursis probatoire, il n'impose donc pas un suivi régulier par le service pénitentiaire d'insertion et de probation ni des obligations particulières telles qu'une obligation de soins ou de formation.

Ses conditions sont néanmoins encadrées. Les articles 132-29 à 132-39 du Code pénal relatifs au sursis simple prévoient notamment que, pour une personne physique, le sursis simple peut s'appliquer à une condamnation à l'emprisonnement d'une durée maximale de cinq ans. Les condamnations antérieures peuvent également empêcher ou limiter son octroi. En matière criminelle ou correctionnelle, une personne qui a déjà été condamnée à une peine de réclusion ou d'emprisonnement pour un crime ou un délit de droit commun dans les cinq années précédant les faits ne peut, en principe, bénéficier de ce sursis simple.

Une autre précision compte beaucoup en pratique : commettre une nouvelle infraction ne révoque pas automatiquement le sursis simple. Lorsqu'une nouvelle condamnation intervient dans les conditions prévues par le Code pénal, la juridiction peut décider spécialement de révoquer tout ou partie du sursis antérieurement accordé.

Pour une condamnation pour crime ou délit, la période prise en compte est de cinq ans. Pour une contravention de 5e classe assortie du sursis, elle est de deux ans. À défaut d'événement permettant une révocation dans les conditions légales, la condamnation assortie du sursis devient « non avenue ».

Qu'est-ce que le sursis simple ?

Qu'est-ce que le sursis probatoire ?

Le sursis probatoire concerne une peine d'emprisonnement dont l'exécution est suspendue, totalement ou partiellement, pendant une période au cours de laquelle la personne condamnée doit respecter différentes mesures. Depuis le 24 mars 2020, il a notamment pris la place de l'ancien sursis avec mise à l'épreuve dans le Code pénal.

Les articles 132-40 à 132-42 du Code pénal prévoient que le sursis probatoire peut, en principe, être appliqué à une condamnation à l'emprisonnement d'une durée maximale de cinq ans. En cas de récidive légale, cette limite peut atteindre dix ans. Des restrictions supplémentaires existent toutefois lorsqu'une personne a déjà bénéficié de plusieurs sursis probatoires pour des infractions identiques ou assimilées.

Le délai de probation est normalement compris entre douze mois et trois ans. Il peut être porté jusqu'à cinq ans lorsque la personne se trouve en état de récidive légale et jusqu'à sept ans lorsqu'elle se trouve à nouveau en état de récidive légale.

Pendant cette période, le condamné est soumis à des mesures de contrôle. Selon le jugement et sa situation, il peut notamment devoir répondre aux convocations du juge de l'application des peines ou du service pénitentiaire d'insertion et de probation, exercer une activité professionnelle, suivre une formation, se soumettre à des soins, indemniser la victime ou respecter certaines interdictions de contact ou de déplacement.

Ces obligations ne sont pas identiques pour tous. Elles sont déterminées par la juridiction et peuvent, dans les conditions prévues par la loi, être adaptées par le juge de l'application des peines au cours de la probation.

Le sursis peut-il être total ou partiel ?

Oui. Lorsqu'un sursis porte sur la totalité de l'emprisonnement, aucune partie de cette peine de prison n'est mise à exécution tant que les conditions permettant de maintenir le sursis sont réunies. Lorsqu'il est partiel, seule une partie de l'emprisonnement est suspendue.

Prenons un exemple. Si une personne est condamnée à dix-huit mois d'emprisonnement dont huit mois assortis d'un sursis, dix mois restent fermes et huit mois sont suspendus. Cela ne signifie pas nécessairement que les dix mois fermes seront exécutés intégralement en établissement pénitentiaire : la manière dont la partie ferme est exécutée dépend également des règles applicables à l'aménagement et à l'exécution des peines.

La limite de cinq ans doit ici être maniée avec précaution. Pour le sursis simple, l'emprisonnement auquel le sursis est applicable est encadré par cette limite. Pour le sursis probatoire, une condamnation pouvant aller jusqu'à dix ans est possible en cas de récidive légale, même si la partie de l'emprisonnement placée sous sursis probatoire ne peut elle-même dépasser cinq ans.

Une amende peut-elle être assortie d'un sursis ?

Oui, le sursis simple peut, dans les conditions prévues par le Code pénal, être appliqué à certaines peines d'amende. Le sursis probatoire est différent : il concerne une peine d'emprisonnement.

Lorsqu'une amende bénéficie entièrement du sursis, son paiement est suspendu. Lorsqu'une partie seulement est assortie du sursis, la partie non suspendue reste due. Il faut également distinguer l'amende, qui constitue une peine, des sommes versées à une victime pour réparer son préjudice.

Comme le rappelle la fiche officielle de Justice.fr consacrée au sursis, une condamnation avec sursis ne dispense pas de payer les dommages et intérêts accordés à la victime. De la même manière, si plusieurs peines sont prononcées et qu'une seule bénéficie du sursis, les autres doivent être exécutées selon les règles qui leur sont propres.

Quelles sont les conséquences du sursis sur le casier judiciaire ?

Une condamnation avec sursis est une véritable condamnation pénale. Elle peut donc être inscrite au casier judiciaire. Pendant la période concernée, une condamnation assortie d'un sursis peut notamment apparaître sur les bulletins n°1 et n°2 selon les règles applicables.

Lorsque la condamnation assortie du sursis devient non avenue, les conséquences évoluent. Service-Public.fr précise les règles applicables aux trois bulletins du casier judiciaire : les condamnations avec sursis considérées comme non avenues ne figurent en principe plus au bulletin n°2, sous réserve de certaines peines ou mesures dont les effets peuvent durer plus longtemps. Elles restent en revanche inscrites au bulletin n°1.

Une peine devenue non avenue ne doit donc pas être confondue avec un effacement complet de toute trace de la condamnation. Cette distinction peut avoir une importance lorsqu'une personne souhaite connaître le contenu de son casier ou vérifier les conséquences d'une ancienne condamnation.

Que se passe-t-il en cas de manquement ou de nouvelle infraction ?

La révocation d'un sursis n'est pas automatique. Elle suppose une décision de la juridiction compétente et ses conditions varient selon le type de sursis.

Pour le sursis simple, une nouvelle condamnation peut permettre à la juridiction de révoquer spécialement tout ou partie du sursis antérieurement accordé dans les cas prévus par le Code pénal. Lorsque la révocation est prononcée, la partie de la peine jusqu'alors suspendue devient exécutoire dans la mesure déterminée par la décision.

Pour le sursis probatoire, deux situations doivent être distinguées. Un manquement aux mesures de contrôle ou aux obligations particulières peut justifier une révocation décidée par le juge de l'application des peines. Une nouvelle infraction commise pendant la probation peut également conduire la juridiction de jugement à révoquer tout ou partie du sursis lorsqu'elle donne lieu à une nouvelle condamnation répondant aux conditions prévues par le Code pénal.

La réponse au manquement dépend donc de sa nature et du dossier. Le juge peut notamment être amené à examiner le respect du suivi, la gravité du manquement, la situation de la personne et les conditions légales permettant une révocation. Pour le sursis probatoire, le délai peut également être prolongé dans certaines situations.

Que faire après une condamnation avec sursis ?

La première précaution consiste à relire précisément le dispositif du jugement. Les expressions « sursis simple », « sursis probatoire », « sursis partiel » ou encore la durée du délai de probation déterminent des conséquences différentes.

En cas de sursis probatoire, les convocations du juge de l'application des peines et du service pénitentiaire d'insertion et de probation doivent être prises au sérieux. Le jugement ou les documents remis à la personne condamnée permettent normalement d'identifier les obligations imposées et leur durée.

Si une nouvelle procédure pénale intervient alors qu'un sursis est toujours susceptible d'être révoqué, ou si vous ne savez pas si une ancienne condamnation est devenue non avenue, un avocat pénaliste peut examiner les dates, les décisions successives et la nature exacte des peines prononcées. C'est particulièrement important avant de conclure qu'une ancienne peine ne peut plus produire aucun effet.

Article rédigé par Benali Myriam

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