Vous êtes victime de violences, de menaces ou de harcèlement de la part de votre conjoint, ancien conjoint ou d'un membre de votre famille ? La loi prévoit un dispositif pour vous protéger en éloignant l'auteur des violences : l'ordonnance de protection, délivrée en urgence par le juge aux affaires familiales. Voici comment elle fonctionne et comment l'obtenir.
Je précise mon rôle : je vulgarise ici des règles du Code civil et du Code pénal sur un sujet grave. Si vous êtes en danger, le 17 (police, gendarmerie) et le 3919 (Violences Femmes Info, gratuit et anonyme) sont des contacts d'urgence. Un avocat ou une association d'aide aux victimes peuvent vous accompagner.
Contrairement à ce que l'on lit parfois, la protection des victimes de violences repose sur des textes précis : l'ordonnance de protection est encadrée par les articles 515-9 et suivants du Code civil, issus de la loi du 9 juillet 2010 et renforcés depuis, en dernier lieu par la loi du 13 juin 2024.
C'est une mesure prononcée par le juge aux affaires familiales (JAF) pour protéger une personne en danger en raison de violences exercées par son conjoint, partenaire de PACS, concubin, ancien partenaire, ou un membre de la famille. Le juge peut notamment interdire à l'auteur d'entrer en contact avec la victime, l'éloigner du domicile, statuer sur la résidence séparée et sur les enfants. Elle peut aussi protéger les personnes menacées de mariage forcé.

Voici un point essentiel à clarifier, car le texte courant entretient une confusion. L'ordonnance de protection est une mesure civile, indépendante de toute procédure pénale. Il n'est donc pas nécessaire d'avoir déposé plainte, ni qu'une condamnation ait été prononcée, pour la demander.
Deux voies, distinctes, peuvent d'ailleurs coexister :
Ces deux démarches sont complémentaires, mais l'ordonnance de protection civile ne dépend pas du dépôt de plainte.
Une fois saisi, le juge statue rapidement : l'ordonnance de protection est délivrée dans un délai maximal de six jours à compter de la fixation de l'audience. Depuis la loi de 2024, une ordonnance provisoire de protection immédiate peut même être rendue en 24 heures en cas de danger grave et immédiat.
Autre évolution importante de la loi du 13 juin 2024 : la durée des mesures, auparavant de 6 mois, est désormais portée à 12 mois. Cette durée peut être prolongée si une demande de divorce ou de séparation de corps a été déposée, ou si le juge a été saisi d'une question relative à l'autorité parentale. Les mesures peuvent par ailleurs être modifiées ou levées à tout moment par le juge en cas d'élément nouveau.

L'ordonnance de protection peut être sollicitée notamment en cas de :
La victime n'a pas à démontrer une certitude : le juge se prononce sur la vraisemblance des faits de violence et du danger encouru.
Une correction importante s'impose ici, car le texte courant inverse parfois les rôles : c'est l'auteur des violences, et non la victime, qui est tenu de respecter les obligations et interdictions fixées par le juge.
Le non-respect, par la personne visée, des mesures imposées par l'ordonnance de protection constitue un délit pénal. La sanction a d'ailleurs été aggravée par la loi du 13 juin 2024 : l'article 227-4-2 du Code pénal punit désormais cette violation de trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende (contre deux ans et 15 000 euros auparavant). C'est précisément ce qui donne sa force au dispositif : en cas de violation, la victime peut alerter immédiatement les forces de l'ordre, et des outils comme le bracelet anti-rapprochement ou le téléphone grave danger permettent une réaction rapide.
L'ordonnance de protection (articles 515-9 et suivants du Code civil) permet au juge aux affaires familiales de protéger en urgence, et sans qu'un dépôt de plainte soit nécessaire, une victime de violences conjugales ou familiales. Elle est délivrée en six jours maximum (24 heures pour l'ordonnance provisoire), et ses mesures durent jusqu'à 12 mois depuis la loi de 2024. Le non-respect par l'auteur des violences est un délit puni de trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende.
Chaque situation étant particulière et souvent urgente, n'hésitez pas à vous rapprocher sans tarder d'un avocat, d'une association d'aide aux victimes ou des forces de l'ordre. Cet article a une vocation purement informative. Si vous êtes en danger immédiat, composez le 17 ; pour être écouté et orienté, le 3919 est joignable gratuitement et anonymement.