Le développement d'Internet a démocratisé l'enseignement à distance, et de plus en plus de personnes choisissent de se former par ce biais, du CNED aux MOOC. Mais cette liberté s'accompagne d'un cadre juridique précis, destiné à protéger les apprenants. Qui peut suivre des cours par correspondance, et que prévoit la loi pour les organismes qui les dispensent ?
Je précise mon rôle : je vulgarise ici des règles du Code de l'éducation. Pour un litige avec un organisme ou la vérification d'un contrat, un professionnel du droit ou une association de consommateurs pourra vous accompagner.
L'enseignement à distance s'adresse à un public très large, parmi lequel :
La démarche mérite de la méthode. Il est vivement conseillé de vérifier le sérieux de l'organisme avant toute inscription : reconnaissance de la formation, diplôme ou certification préparé, modalités (devoirs, corrections, examens) et coût. Le tarif varie selon la formation : le CNED, par exemple, est payant, tandis que de nombreux MOOC sont gratuits.
Une fois ces éléments comparés, vous constituez votre dossier et vous inscrivez. Soyez attentif à la nature exacte de ce que vous suivez : un cours gratuit de culture générale n'a pas la même portée qu'une formation diplômante. Pour les formations finançables par le CPF, vérifiez que l'organisme est certifié Qualiopi.
Les organismes privés d'enseignement à distance sont régis par les articles L. 444-1 et suivants du Code de l'éducation. La loi définit l'enseignement à distance comme celui qui ne comporte pas (ou seulement de manière occasionnelle) la présence physique de l'enseignant dans le lieu où le cours est reçu.
Plusieurs obligations encadrent ces organismes :
Ce point mérite d'être clarifié, car il est souvent mal présenté. La sanction « d'un an » qui circule à propos de l'enseignement à distance n'est pas une peine de prison généralisée. Il faut distinguer deux registres.
D'une part, sur le plan disciplinaire : le recteur d'académie, saisi à la suite d'une inspection, peut prononcer, pour une durée d'un an au plus, l'interdiction de diriger ou d'enseigner et la fermeture de l'établissement (article L. 444-9). Ce n'est pas une peine d'emprisonnement, mais une sanction administrative.
D'autre part, sur le plan pénal : la loi interdit le démarchage à domicile ou sur le lieu de travail pour la souscription d'un contrat d'enseignement à distance. Cette interdiction, protectrice pour les particuliers, est assortie d'une peine pouvant aller jusqu'à un an d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende. C'est vraisemblablement cette infraction qui a été confondue, dans les présentations approximatives, avec une « peine d'un an » applicable à l'ensemble du dispositif.
Le contrat d'enseignement à distance est strictement encadré, au bénéfice de l'apprenant. Il doit reproduire l'article L. 444-8 du Code de l'éducation, qui prévoit notamment :
Ces clauses doivent figurer de façon lisible et apparente dans le contrat. Le non-respect de ces règles peut entraîner la nullité du contrat.
L'enseignement à distance est ouvert à tous (étudiants, demandeurs d'emploi, actifs, curieux), et encadré par les articles L. 444-1 et suivants du Code de l'éducation. Les organismes privés doivent se déclarer au recteur d'académie, respecter des conditions de moralité et se soumettre à son contrôle. Le démarchage est interdit (jusqu'à un an d'emprisonnement), et le contrat protège l'apprenant (délai de réflexion, faculté de résiliation, limitation du paiement anticipé). Avant de vous engager, vérifiez toujours le sérieux de l'organisme.
Chaque situation étant particulière, il reste conseillé, en cas de doute sur un organisme ou un contrat, de se renseigner auprès de l'académie ou d'une association de consommateurs. Cet article a une vocation purement informative.
Pour aller plus loin :