Le tribunal de police : compétences, audience et recours

Le tribunal de police : compétences, audience et recours

On confond souvent la police et le tribunal de police, alors qu'il s'agit de deux institutions bien distinctes. La police assure la sécurité et l'ordre public ; le tribunal de police, lui, est une juridiction, c'est-à-dire un tribunal chargé de juger certaines infractions. Plus précisément, c'est la juridiction pénale qui juge les contraventions, les infractions les moins graves de notre droit.

Comprendre son rôle, l'étendue de ses compétences, le déroulement d'une audience et les recours possibles permet de mieux appréhender une convocation ou une procédure devant lui. Je précise mon rôle : je vulgarise ici ces règles pour les rendre claires, sans me substituer à un avocat, vers lequel je vous oriente si vous êtes personnellement concerné par une affaire.

Une mise au point s'impose d'emblée, car l'organisation judiciaire a changé : le tribunal de police n'est plus une juridiction autonome séparée. Depuis 2017, il siège au sein du tribunal judiciaire, et juge l'ensemble des contraventions.

Qu'est-ce qu'un tribunal de police ?

Le tribunal de police est la juridiction compétente pour juger les contraventions. En droit pénal français, les infractions se répartissent en trois catégories, par ordre de gravité croissante : les contraventions (les moins graves), les délits, puis les crimes. Le tribunal de police ne juge que les premières ; les délits relèvent du tribunal correctionnel et les crimes de la cour d'assises ou de la cour criminelle départementale.

Il est en principe composé d'un juge unique (un magistrat du tribunal judiciaire), assisté d'un greffier, le ministère public étant représenté par un officier du ministère public. Concrètement, cela signifie que, contrairement à certaines juridictions qui statuent à plusieurs juges, le tribunal de police repose en règle générale sur un seul magistrat. Pour les contraventions les moins graves, les fonctions de poursuite peuvent d'ailleurs être exercées par un commissaire de police ou un autre officier du ministère public, et non par le procureur lui-même.

Quelles sont les compétences du tribunal de police ?

Le tribunal de police est compétent pour l'ensemble des contraventions, des cinq classes existantes (de la 1re classe, la moins grave, à la 5e classe, la plus grave). Cela recouvre une grande variété d'infractions du quotidien : infractions au Code de la route, certaines infractions forestières, des infractions à diverses réglementations, etc.

Il faut écarter ici une confusion fréquente : le tribunal de police ne juge pas les délits. Sa compétence pénale se limite aux contraventions. De même, il s'agit d'une juridiction pénale, et non civile : la victime peut toutefois se constituer partie civile lors de l'audience pénale pour demander réparation de son préjudice, et obtenir des dommages et intérêts.

S'agissant des peines, les contraventions sont punies d'une amende, dont le montant maximal dépend de la classe (jusqu'à 1 500 euros pour une contravention de 5e classe, montant porté à 3 000 euros en cas de récidive lorsque celle-ci est prévue). Aucune peine d'emprisonnement n'est possible pour une contravention. En revanche, le tribunal peut prononcer des peines complémentaires privatives de droits, comme la suspension du permis de conduire, l'immobilisation d'un véhicule, la confiscation d'une arme et le retrait du permis de chasse, ou encore l'interdiction d'émettre des chèques.

Comment se déroule une audience ?

Le tribunal de police tient ses audiences au sein du tribunal judiciaire. Un rappel historique éclaire son organisation actuelle : entre 2002 et 2017, les contraventions des quatre premières classes étaient jugées par les juridictions de proximité, tandis que le tribunal de police ne traitait que la 5e classe. Ces juridictions de proximité ont été supprimées le 1er juillet 2017 ; depuis cette date, le tribunal de police est seul compétent pour l'ensemble des contraventions.

L'audience se déroule selon une procédure proche de celle du tribunal correctionnel. Le juge entend les parties, à savoir le prévenu (la personne poursuivie, éventuellement assistée de son avocat), la victime si elle s'est constituée partie civile, les éventuels témoins, et le représentant du ministère public. Le juge examine les preuves et les pièces du dossier, peut procéder à des interrogatoires et à des confrontations, avant de statuer.

À l'issue des débats, le juge peut soit estimer que les faits ne constituent pas une infraction (le prévenu est alors relaxé), soit prononcer une sanction, soit se déclarer incompétent et renvoyer l'affaire vers la juridiction adéquate s'il apparaît que les faits constituent en réalité un délit ou un crime.

Comment se détermine la compétence du tribunal de police ?

Deux critères classiques permettent de savoir quel tribunal de police est compétent.

Le premier est la compétence d'attribution (ratione materiae), c'est-à-dire la compétence en raison de la nature de l'affaire : le tribunal de police connaît des contraventions, par opposition aux délits et aux crimes relevant d'autres juridictions. Le second est la compétence territoriale (ratione loci) : est en principe compétent le tribunal de police du lieu où la contravention a été commise ou constatée, ou celui du lieu de résidence du prévenu.

Comment le tribunal de police est-il saisi ?

Plusieurs modes de saisine existent. Le plus courant est la convocation ou la citation à comparaître délivrée à la demande du procureur de la République. La victime peut également, dans certains cas, déclencher les poursuites par une citation directe. Enfin, le prévenu peut comparaître volontairement.

À côté de cette procédure ordinaire existe une procédure simplifiée : l'ordonnance pénale. Le juge statue alors sur le dossier transmis par le ministère public, sans audience ni débat, et rend une décision appelée ordonnance pénale. La personne condamnée par cette voie peut former opposition pour que l'affaire soit réexaminée lors d'une audience ordinaire. Il existe par ailleurs, pour de nombreuses contraventions, le mécanisme de l'amende forfaitaire, qui permet d'éteindre les poursuites par le simple paiement de l'amende, sans passage devant le juge.

Quels recours après un jugement du tribunal de police ?

Les voies de recours dépendent de la nature de la décision et de la peine prononcée. Trois recours principaux peuvent être envisagés.

L'opposition permet à une personne jugée en son absence, ou condamnée par ordonnance pénale, de demander un nouvel examen de l'affaire. L'appel permet de faire rejuger l'affaire par la cour d'appel, mais il n'est ouvert que pour les jugements les plus importants : pour les contraventions de moindre gravité, l'appel peut être fermé, et seul le pourvoi reste possible. Le pourvoi en cassation, enfin, ne porte pas sur les faits mais sur la bonne application du droit ; il est formé devant la Cour de cassation.

Concrètement, cela signifie que la possibilité de faire appel n'est pas automatique pour toutes les contraventions : il est important de vérifier, sur la décision elle-même ou auprès d'un professionnel, quel recours est ouvert et dans quel délai, ces délais étant courts.

L'essentiel à retenir

Le tribunal de police est la juridiction pénale qui juge les contraventions, des cinq classes, depuis la suppression des juridictions de proximité en 2017. Il siège au tribunal judiciaire, statue en principe à juge unique, et ne peut prononcer que des amendes et des peines complémentaires, jamais d'emprisonnement. Il ne juge ni les délits ni les crimes, et n'est pas une juridiction civile, même si la victime peut y demander réparation. Les recours (opposition, appel, pourvoi) varient selon la décision et la gravité de la contravention.

Chaque affaire étant particulière, et les délais de recours étant brefs, il reste vivement conseillé de consulter un avocat pour défendre ses intérêts devant cette juridiction. Cet article a une vocation purement informative et ne remplace pas un conseil juridique personnalisé.

Sources

  • Code de procédure pénale, dispositions relatives au jugement des contraventions et à la compétence du tribunal de police (articles 521 et suivants), Légifrance
  • Loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIe siècle (suppression des juridictions de proximité au 1er juillet 2017), Légifrance
  • Service-Public.fr, rubrique relative au tribunal de police
  • Ministère de la Justice (justice.gouv.fr), données et présentation des juridictions

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